Saviez-vous qu’un député socialiste peut auditionner une des chefs de file de l’homophobie en France, des représentantEs du Front national ou le barbouzard islamophobe Ney pour un « rapport » où il regrette page 23 « la multiplication des insultes racistes ou homophobes assumées par leurs auteurs dans l’espace public », sans s’interroger sur sa propre responsabilité dans la banalisation de telles insultes ?

Saviez-vous qu’un député peut se permettre, dans un « rapport » destiné à influencer les politiques publiques au service du bien commun, de calquer les recommandations pour une gouvernance d’Internet sur celles du PDG de Skyrock, dont il tait le titre pour le présenter comme « spécialiste incontesté des enjeux du réseau »  ?1 ? De prendre comme exemple d’un réseau social celui de Skyrock ? Saviez-vous que ce député peut ne pas se sentir obligé de rappeler que ce même PDG est son patron ?

Vous pensez peut-être que de tels procédés relèveraient du conflit d’intérêt ? Ne le dites pas trop fort, on pourrait croire que vous êtes en voie de radicalisation. Dans certains pays démocratiques, des gens demanderaient des sanctions contre l’élu, et pourquoi pas obtiendrait sa démission. En France, de telles personnes seraient traitées d’islamo-fascistes-complices-du-terrorisme-et-où-est-votre-esprit-du-11-janvier ?

Saviez-vous que « s’il reste quelques économistes pour critiquer le néolibéralisme, ils sont comme l’exception qui confirme la règle »2 ? Que c’est la pratique de démocratie directe et le refus des chefs qui expliqueraient les échecs des mouvements altermondialistes, ce qui expliquerait le dégoût des jeunes de toute organisation se présentant comme progressiste et leur volonté de radicalisation3 ?

Vous auriez peut-être mis ce dégoût sous le compte, allez, au hasard, de la trahison d’un président socialiste, le camp même de Malek Boutih, élu après avoir promis de combattre la finance, et qui soutient traders et banquiErEs contre les citoyen-nes une fois élu. Ou encore, allez, au hasard, sur le compte de la trahison d’un président socialiste élu après avoir promis (comme toutes les personnes de son camp depuis 25 ans) le droit de vote pour les étrangErEs non européenNEs, au moins pour les élections locales ? Ou encore, allez, au hasard, sur le compte d’une majorité socialiste qui promet l’ouverture de la PMA pour les couples de lesbiennes pendant les élections et qui la leur refuse une fois au pouvoir, en annonçant ce refus depuis le Vatican (vous avez dit laïcité?) ? Vous devez vous tromper, et votre insistance (surtout si vous vous mettez à parler des droits des trans trahis) confirme la suspicion de radicalisation. Malek Boutih vous menace, puis il monte le son de sa radio et les publicités de Skyrock couvrent votre voix.

Saviez-vous que « le chômage endémique des jeunes s’explique en partie par l’image dégradée renvoyée par le monde du travail à cette génération » (Boutih précise « en partie », mais c’est la seule explication qu’il donnera), qu’il faut redonner la faim du travail (tout en démantelant le droit du travail à coup de loi Macron) et que des bus sillonnant la France et proposant des micro-crédits modifieront positivement l’emploi des jeunes, et permettront de lutter contre leur djihadisation, youpi4 ?

Saviez-vous que « compte tenu de la sensibilité des questions environnementales dans la société et chez les jeunes en particulier, l’hypothèse de la multiplication dans les années à venir de sites de ZAD et de projets d’aménagement contestés est réaliste et par la même préoccupante »5 ? Vous vous disiez peut-être que c’étaient les dangers écologiques, qui étaient préoccupants, et que leur contestation, même celle jugée « radicale » par un député « républicain », était une nécessité au vu de l’inconscience des responsables politiques ? Malek Boutih vous recadre : vous êtes à deux lignes, dans son rapport, du djihadisme. Au sens propre. Et lui auditionne Frigide Barjot/Virginie Tellenne, qui en appelait au sang des homos, et ses potes du PS reçoivent les gens de la FNSEA qui cramaient des ragondins devant telle préfecture, les représentant-es des taxis qui brûlaient des voitures, les bonnets rouges, etc.

Saviez-vous qu’on peut expédier le bilan de deux mandats d’Obama en une phrase « pour clore cette liste d’espoirs déçus » des progrès politiques, sans un seul mot pour les trois ans de Hollande, pourtant riches en la matière6 ?

Si vous ignoriez cela, c’est que vous n’avez pas lu Génération radicale, le « rapport » du député socialiste Malek Boutih. Rien ne vous oblige à combler cette lacune : la lecture est éprouvante. Elle est pourtant utile pour comprendre où en est arrivé le PS et le danger que ce parti au pouvoir fait courir à ce qu’il nous reste de droits et de démocratie. Surtout quand le député abuse de son mandat pour relayer le discours de son patron à Skyrock !

Une lettre de mission qui cautionne les amalgames

Le 26 février 2015, le premier ministre missionnait le député Malek Boutih sur… un truc pas très clair7.

Dans les deux premiers paragraphes de sa lettre, Valls évoque des formes d’expression politique radicalisées que ni la République, ni les syndicats ou associations n’arriveraient à canaliser. Ces formes d’expression mettraient à mal le « vivre ensemble » – et non pas, bien sûr, les politiques suivies depuis trente ans en matière économique et sociale. Au mépris de toute réalité historique8, il présente ce phénomène de contestation comme nouveau et indique que « la révolution numérique n’est pas étrangère à ces évolutions ».

Valls enchaîne sans transition sur le « basculement de nouvelles générations dans le terrorisme ». De l’occupation de Notre-Dame-des-Landes aux attentats de janvier 2015, il n’y a que l’espace d’un saut de ligne et d’un alinea. C’est l’espace d’un amalgame que le Premier ministre demande au parlementaire de cautionner. Boutih remplira cette tâche bien au-delà de ce qui lui est demandé.

Bien sûr, si on partait d’une analyse décrivant les déceptions que les institutions républicaines peuvent provoquer, des promesses non tenues, des manquements des élu-es à l’égard des minorités, de la corruption qui les touche et les empêche de servir l’intérêt commun et si on distinguait très clairement les mouvements de protestation en fonction de ce qu’ils défendent, en mettant d’un côté les mouvements, même violents, au service des droits, de l’égalité réelle, de la liberté concrète, de la fraternité/sororité vivantes d’une part, des actions rétrogrades des forces réactionnaires, racistes, sexistes et LGBT-phobes, alors il pourrait être pertinent d’analyser sous le même angle des formes de contestation nouvelles et radicales et le terrorisme, tant d’un point de vue individuel que collectif, et avec toutes les précautions qu’impliquerait un tel point de vue. Une telle distinction s’impose ne serait-ce que parce que les réactionnaires sont aujourd’hui entendus pas le gouvernement, tandis que les forces progressistes sont criminalisées et censurées.

Mais c’est bien l’inverse que demande Manuel Valls à Malek Boutih : la justification de la République et des inégalités sur lesquelles elle repose contre les mouvements sociaux d’aujourd’hui en les amalgamant aux terroristes ; l’invocation du FN et de la Manif pour tous pour justifier des politiques de haine et d’exclusion.

La lettre de mission est présentée comme un complément « préventif » des lois répressives déjà adoptées en novembre 2014 : « Afin de consolider le volet préventif, l’analyse des dynamiques individuelles et collectives qui conduisent à la radicalité constituent un élément fondamental ». Telle est la mission donnée au député au bout des trois paragraphes : contestation sociale et terrorisme doivent faire l’objet de ce volet préventif.

Le reste de la lettre fixe la méthode qui doit guider Malek Boutih. On se bornera ici à constater que Matignon demandait au député une « étude minutieuse de l’environnement économique, des situations scolaires et sociales, des différentes formes individuelles et collectives de décrochage ». C’est moi qui ai souligné ‘étude minutieuse’, et je l’ai souligné en pouffant. Qui lira le « rapport » de Boutih, pouffera lui aussi. Enchaînement de banalités, copier/coller d’études déjà existantes et de leur interprétation mainstream, sans référence précise, recyclage de travaux de SOS Racisme (le testing en boîtes de nuit…), absence de bibliographie sérieuse : voilà pour la minutie studieuse.

Et bien sûr, il n’est nulle part précisé qu’il faut éviter le conflit d’intérêt, que Boutih-député ne doit pas parler comme Boutih-employé-de-Skyrock. Valls aurait vraiment dû être explicite.

Jean-Eugène Buland - Propagande

L’absence de rigueur pour toute méthode

Alors qu’un tel sujet implique de confronter de nombreux points de vue, de les attribuer de façon claire, Malek Boutih, pour chacune des « idées » qu’il assénera, ne citera, dans le meilleur des cas, qu’une seule source. Mais le plus souvent, il s’agit de… trucs, de machins, qu’on veut faire passer pour des évidences, vous savez bien, tout le monde le sait, enfin :

– Ainsi dans un développement sur la politique migratoire de la France où chaque phrase pourrait être citée comme ineptie exemplaire9, on apprend que «  force est de constater que l’arrivée des immigrés se fait dans la désorganisation la plus totale » ;

Dans le même passage, on apprend qu’au sujet de l’immigration, la France «  ne s’est jamais donnée les moyens d’organiser en amont ce flux de population comme d’autres nations peuvent le faire ». Malek Boutih a-t-il travaillé sur les accords bilatéraux négociés par exemple par Brice Hortefeux dans le cadre de la politique « d’immigration choisie » ? Ou, plus simplement, a-t-il honte de reconnaître qu’ il trouve sympa une disposition mise en place par la droite extrême ?

– Des travaux de Danah Boyd sur internet sont cités (pages 16). Cette chercheuse est présentée comme l’ « une des meilleures spécialistes des pratiques des jeunes sur internet » Boutih oublie simplement de mentionner qu’elle travaille pour Microsoft. Au moins n’est-elle pas son employeuse.

La légèreté de Boutih est particulièrement visible page 54 quand il évoque les boîtes de nuit. Les discriminations à l’entrée qui amèneraient les mecs à la radicalisation concluent une analyse hétéro-centrée qui vaut son pesant de cacahuètes. D’une, elle occupe le tiers d’une section consacrée à la situation des femmes – comme si consacrer deux tiers d’une section consacrée aux femmes, aux seules femmes, étaient déjà de trop. De deux, Boutih nous explique qu’il faut combattre les discrimination à l’entrée des boîtes de nuit non parce que ce sont des discriminations, mais parce que cela empêche la mixité sexuelle. On imagine bien Barjot lui souffler que cela va transformer tous ces jeunes en pédés, mais Boutih n’a pas osé aller jusque là. De trois, c’est encore une fois les silences de Boutih qui en disent plus long que sa pensée caricaturale explicite. Car si on peut admettre que « La haine qui germe chez un « refoulé » des boîtes de nuit est porteuse d’énormes frustration et de haine. », on aurait bien aimé que le député tire les mêmes conséquences d’une analyse des violences policières, administratives, judiciaires que subissent ces mêmes jeunes dans leur vie quotidienne. Mais il y a des priorités : ouvrir des boîtes de nuit associatives, mais pas lutter contre les violences policières, faire rouler des bus à micro-crédits, mais pas mieux répartir les richesses, arracher les voiles des femmes qui le portent, mais pas lutter contre l’islamophobie, recevoir une homophobe, mais pas lutter contre les discriminations d’état des couples de même sexe et des trans.

Silences sur les violences d’état

Amalgamer « l’ultra-droite » et « l’ultra-gauche , comme le fait Malek Boutih, suivant l’ensemble des idéologues mainstream de la droite et du PS, impose une lecture du paysage social et politique d’où sont absentes les violences de l’état. On peut ainsi se préoccuper de la radicalisation des mouvements de protestation écologistes jamais rappeler la mort de Rémi Fraisse, activiste pacifique tué par les forces de l’ordre. On peut ainsi rendre hommage aux policiErEs tuéEs en janvier 2015 sans jamais parler des violences policières qui tuent des jeunes de couleur dans les banlieues.

Il est vrai que Malek Boutih a une conception assez particulière des violences dans les quartiers populaires. Au lieu de dénoncer le racisme d’État – ce qui aurait sans doute ruiné son plan de carrière politique – l’alors président de SOS Racisme proposait au Monde, en juin 2002, soit moins de deux mois après la victoire de Le Pen au premier tour des présidentielles un programme que n’aurait même pas envisagé le ministre-policier de l’époque, Patrick Devedjian.

Pourtant, la République sait légitimer la violence : quand elle vient des actions de la FNSEA, d’agriculteurRICEs-pollueurSEs déposant des tonnes de fumier devant une mairie, alors que des faucheurSEs d’OGM sont traduitEs en justice  ; quand elle vient de bonnets rouges dont les actions anti-écologiques amène la majorité à renoncer à des mesures écologiques ; quand elle vient de la Manif pour tous, qui amène Manuel Valls à renoncer à l’ouverture de la PMA pour les couples de lesbiennes et l’annoncer depuis le Vatican.

Cette indignation à géométrie variable, qui fait peser tous les dangers sur les forces progressiste du pays, tourne au ridicule quand Boutih entend parler (page 10), des manifestation de l’été 2014 en soutien aux PalestinienNEs – sans préciser le contexte de répression de la liberté de manifester dans laquelle cette cause a dû être défendue.

Dans l’état actuel des choses, et alors qu’il se définit comme le centre républicain entre « l’ultra-gauche » et « l’ultra-droite », on se contentera de faire remarquer que, sous la majorité de Malek Boutih, les bonnets rouges, la FNSEA, la Manif pour Tous, sont reçues par Hollande, Valls et consorts et obtiennent gain de cause ; tandis que les gens de gauche en lutte sont poursuivis par la police et la justice. Voilà une différence qu’on ne doit pas voir depuis ses bureaux de Skyrock. En démocratie, pourtant, cela compte. Et d’un point de vue purement stratégique, pour expliquer la radicalisation, une telle attitude gouvernementale laisse songeur : car s’il s’agit, comme le font la FNSEA, les bonnets rouges, la Manif pour tous ou les chauffeurs de taxi, de frapper, brûler, insulter, torturer des animaux, alors qu’attendent les jeunes des banlieues pour refaire un 2005 ? Malek Boutih les traiterait-il avec le même respect ?

Un casting exemplaire

La liste des personnes et structures auditionnées témoigne d’une méthode pour le moins partiale. Au niveau institutionnel, ce ne sont pas tant les présentEs qui poseraient problème, tant il semble normal d’interroger des représentantEs du ministère de l’Intérieur ou de la Défense, ou même le ministre de la Ville et de la Jeunesse lui-même que les absentEs : alors que la lettre de mission de Valls demandait à Boutih « une étude minutieuse (non, ne riez pas) des situations scolaires et sociales », il est pour le moins inquiétant que le rapport ne cite aucune audition de représentantEs des ministères concernés – Education, Affaires sociales. Où sont les profs, les travailleurSEs sociaux/sociales ?

Et puis il y a… Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot. En avril 2013, alors que le Sénat venait de voter l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe, elle affirmait publiquement : « Hollande veut du sang, il en aura ». Il s’agissait d’un véritable appel à la violence physique, qui a par ailleurs été entendu par ses compagnons de lutte. Voilà qui Malek Boutih légitime.

Et puis il y a… Jean-Paul Ney. Il est présenté dans la liste des auditions comme l’auteur de Génération Merah. Sauf que ce livre n’existait pas avant que Boutih n’en fasse la promotion et qu’il suffit de trente secondes sur un moteur de recherche pour s’en rendre compte, et de trente secondes de plus pour savoir qui est Ney. Barbouzo-journaliste, islamophobe avéré, mythomane créant de faux comptes djihadistes sur Internet pour les documenter ensuite, Ney partage avec Boutih une absence totale de rigueur et un objectif : envoyer l’armée dans les banlieues, comme le préconisait Malek Boutih en juin 2002.

Au Monde.fr, dans un article daté du 7 juillet, le député déclare : « Je n’ai pas fait un rapport pour me faire plaisir avec des gens avec lesquels je suis d’accord. J’ai écouté de tout, j’ai écouté n’importe quoi. J’ai écouté tous les points de vue, des gens qui s’y connaissaient et d’autres qui ne s’y connaissaient pas. » Certes, Boutih n’a pas fait un rapport pour se faire plaisir avec des gens avec lesquels il est d’accord ; il a fait un rapport pour faire plaisir aux gens qui l’emploient et avec qui non seulement il n’a pas le courage d’être en désaccord, mais  à qui il entend vendre la soupe dans un rapport commandité par Matignon. Mais de là à mentir et affirmer qu’il a écouté tous les points de vue, alors qu’il assume ne pas avoir voulu auditionner de représentantEs du culte musulman pour un rapport portant entre autre sur le djihadimse… Ces propos sont en tout cas très clairs sur les conditions de travail de Boutih : lui a le temps d’entendre ceux et celles qui n’y connaissent rien et disent n’importe quoi.

Des conditions de travail idéales

Malek Boutih a déjà tenté de répondre à certaines critiques. Avec peu de succès. A propos de Ney, il a expliqué que l’intéressé s’était porté volontaire pour les auditions et que son équipe n’avait pas eu le temps de vérifier son CV.

Pas eu le temps ? On se demande, dans ce cas, à quoi sont payés Boutih et son équipe parlementaire. Boutih a du temps pour lui : il ne travaille pas en commission parlementaire, il n’est pas présent dans l’hémicycle, il ne fait aucun travail législatif. C’est un député absentéiste comme le montre ce graphique très claire du taux de présence de Boutih dans l’hémicycle et en commission. Le graphique est issu de cette page du site nosdeputes.fr :

Tayx de présence de Boutih à l'AN au 7 juillet 2015

Pour ma part, si j’étais payé 6000 euros par mois pour être député, avec un peu plus que ce montant pour payer des assistantEs, je ne me permettrai pas d’avoir un autre emploi en même temps, surtout quand cet autre emploi est de tout évidence incompatible avec un mandat d’élu public ; et si je conservais cet emploi, je ne le dissimulerais pas dans le seul rapport que je ponds au cours des douze derniers mois ; je ne présenterais pas mon employeur privé comme un expert incontestable des sujets que j’aborde sans préciser que je suis en plein conflit d’intérêt ; je n’offirai pas une légitimité à une personne qui a demandé que le sang des LGBT ; non, vraiment, tout cela, je ne le ferai pas. Mais je ne suis pas Malek Boutih.

En attendant, Skyrock est ravi d’avoir un bon VRP payé par l’argent public, les homophobes sont ravi-es de cette institutionnalisation supplémentaire de leur discours, le mythomane barbouzard Ney est ravi qu’on prenne au sérieux le livre qu’il annonce depuis des mois, les éluEs de la droite extrême sont raviEs du « travail de Boutih », les anti-racistes ont la confirmation que SOS Racisme est une belle arnaque, et que ceux qui en viennent ne sont que des politiciens aux dents longues. Beau résumé de trois ans de mandat socialiste.

1Page 60. Sauf mention contraire, les notes renvoient aux pages du document publié, faute de mieux, sur cette page internet du Figaro. La page de garde du document, tel qu’il est publié, contient le titre : « Génération radicale », l’auteur « Malek Boutih, député de l’Essone » et la date : « Juin 2015 ». A la dernière page, on peut lire que « Madame Olivia Jean et Monsieur Xavier Dupont, administrateur civil hors classe, Ministère de l’Intérieur » ont contribué à l’élaboration du document.

2Page 9.

3Page 9.

4Pages 51-52

5Page 24

6Page 9.

7La lettre de mission se trouve pages 64-65 du « rapport ».

8Les luttes féministes des années 70, la lutte contre le sida dans les années 90, le mouvement des sans-papiers, celui des chômeurSEs en 95 ont été décrites dans des termes similaires à celui de Valls.

9Page 58 : « Sujet maintes fois abordé dans le débat politique, la politique d’immigration de notre pays a fait l’objet de plusieurs législations. Pourtant force est de constater que l’arrivée des immigrés se fait dans la désorganisation la plus totale et ne répond de fait qu’aux logiques purement économiques autour de la main d’œuvre non qualifiée que représentent majoritairement les immigrés. Pourquoi ? La disponibilité historique d’une main d’œuvre issue des colonies depuis l’après-guerre a laissé de mauvaises pratiques s’enkyster. Alors que la France accueille une population immigrée importante depuis longtemps, elle ne s’est jamais donnée les moyens d’organiser en amont ce flux de population comme d’autres nations peuvent le faire. La raison de ce laisser-faire dans notre pays, plutôt habitué à multiplier les normes, tient à la difficulté historique des dirigeants politiques à traiter rationnellement l’immigration, sans cesse renvoyée à des enjeux symboliques ou culturels. Finalement la « main invisible du marché » impose sa réalité. »