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VendeurSEs de haine
Analyse des discours qui nous infériorisent
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Actu | Associatif | 21.08.2015 - 16 h 00 | 17 COMMENTAIRES
Je ne suis pas un Efferalgan
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Cela devient un genre éditorial en soi : la tribune d’un homo dénigrant la visibilité LGBT.  Chacun-e a le droit de défendre un droit à « l’indifférence » pour sa propre vie. Mais l’auteur d’un des ces textes, Pierre Nourrev, va bien plus loin et dénigre les combats LGBT qui lui permettent pourtant de vivre sa vie dans une relative indifférence. Il inverse les causes des haines anti-LGBT et en rend responsables les militantEs visibles. Entre demander à être « soluble » et cracher sur les luttes, le pas est vite franchi.

Dans sa tribune, parue le 18 août, Pierre Nourrev proclame son droit à l’indifférence : « Mon plus grand souhait est d’être soluble dans mon environnement social au même titre que le premier venu, et pour ce faire, je dois me comporter comme le premier venu, avec ma différence qui ne regarde que moi. »

On note immédiatement la difficulté de l’exercice : affirmer, en tant que gay, qu’on ne veut pas s’affirmer en tant que gay. Selon Nourrev, sa dissolution dans son environnement social serait remise en cause par la visibilité et les combats LGBT, dont la Marche des fiertés (appelée « Gay Pride » dans le texte). Cette visibilité LGBT entretiendrait des clichés, qui auraient rendu l’acceptation de l’homosexualité de Pierre Nourrev par son meilleur ami plus difficile1, et qui, d’une façon générale, serait contre-productive pour lutter contre les préjugés. L’auteur ne se contente donc pas de dire qu’il ne se sent pas représenté par la Marche, il indique bien que c’est la visibilité LGBT qui nourrit les préjugés, « un sectarisme en réponse à l’intolérance « des autres ». Une forme de repli. »

Il s’agit bien d’une critique systématique du militantisme LGBT dont un des fondements est la visibilité, et qui se voit accuser de faire le jeu des homophobes. Une telle critique devrait reposer sur des éléments factuels suffisamment généraux pour être convaincants. Or, l’argumentation repose sur des présupposés qui ne sont jamais justifiés, comme s’ils allaient de soi.

Le premier présupposé consiste à faire de l’ignorance le moteur d’une critique politique. Pierre Nourrev nous explique en préambule qu’il ne va pas à la Marche et que le malaise qu’il ressent à son égard « ne dépasse pas le cadre de la sensation lointaine, assez désagréable ». L’auteur renforce ce point de vue ignorant en nous demandant de penser à « Gwenvred Plougastec, dans le fin-fond de sa Bretagne », qui « allumant sa télé, bien décidée à manger son kouign-amann devant le 20h de TF1 ouvrant sur la « Gay pride parisienne qui a fait le plein ». » « Oui, j’exagère, mais vous avez l’idée », avertit l’auteur. Refusant de se documenter, et de documenter le lecteur, Nourrev brandit son ignorance comme d’autres un drapeau arc-en-ciel. Témoigner d’un ressenti individuel face à la visibilité LGBT est une chose ; en faire une critique politique systématique fondée sur l’ignorance assumée en est une tout autre.

24 avril 2004. Rassemblement contre l’homophobie et pour l’égalité des droits

Le deuxième présupposé consiste à nier la diversité des Marches et leur caractère politique, dont l’origine est rappelée ici. Les critiques de Nourrev se nourrissent de la peur d’un reportage télé qui va amener Gwenvred à se demander « si tous les homosexuels ne se promènent pas toute la journée en mini-slip avec cette musique techno dans les oreilles », cette « musique de drogués » selon les propres terme que Nourrev prête à Gwenvred. Or, il suffit de rester quelques minutes sur le trottoir lors d’une Marche pour en voir la diversité vestimentaire, sociale, d’âge, musicale et politique. Que TF1 (encore faudrait-il que Pierre Nourrev cite un exemple précis de reportage pour pouvoir l’analyser) ne retienne que quelques images-choc, qui faut-il en accuser ? Le système médiatique ou le principe des Marches et certainEs manifestantEs ? Ou encore l’ignorance qu’on a choisi d’assumer en en parlant, qui fait qu’on refuse de parler de la réalité de la manifestation, se contentant de stigmatiser la supposée naïveté d’une femme bretonne incapable du moindre recul face à une émission télé ?

Qui, dans ce texte, véhicule des clichés sur la Marche (et sur les Bretonnes, les JaponaisEs et les MarocainEs), si ce n’est Nourrev lui-même ? Qui réduit des manifestations qui se déroulent dans de nombreuses villes de France, à l’étranger, réunissent des centaines de milliers de personnes, aux seules personnes en slip multicolore écoutant de la techno ? Pas TF1, pas Gwenvred. Qui relaie les pires clichés sous prétexte de les combattre quand il écrit : « Comme si tous les Marocains devaient aimer le couscous, et tous les Japonais manger des makis, tous les homosexuels devraient être des gai-lurons qui aiment la fête et les couleurs. » ?

Les Prides sont des lieux de diversité. Elles sont même des lieux de conflit comme le montrent les polémiques sur la Marche de Paris cette année, autour de l’affiche ou de la mise en place d’une Pride de nuit, plus revendicative, moins commerciale, qui montre que, oui, on peut critiquer les Marches. Ces conflits même montrent le caractère politique de la manifestation.

Le troisième présupposé fait des hétérosexuel-les des pauvres petits êtres qu’il faut ménager face à l’affirmation de notre orientation sexuelle, et des homosexuels des bourreaux en puissance. C’est particulièrement clair quand Pierre Nourrev raconte son coming-out auprès de son ami Mathias. Il le ménage en lui faisant croire qu’il est parfois attiré par des femmes. Il qualifie lui-même cette stratégie de «truchement imbécile » ou de « mensonges absurdes », mais c’est un fait. Encore parle-t-il ici d’une amitié, d’une relation personnelle, où cette stratégie peut parfaitement se comprendre. Mais de cette expérience, il en fait une loi générale : « Imaginez l’énergie qu’il faut déployer avec certains, les trésors d’inventivité qu’il faut mettre en place pour parvenir à l’acceptabilité. ». Pensons aussi à la pauvre Gwendred, que la vue de slips multicolores et de musique techno pourraient choquer.

Ménageons l’inconnu quand on parle de sa sexualité, le pauvre risque d’être blessé : « Je me dois de faire comprendre à autrui que malgré cette nuance, je suis comme lui, que l’on peut s’entendre et qu’il n’a pas à me craindre. Je crois que le fait de lui faire exploser ma différence au visage sera contre-productif si je cherche à me lier à lui. » Bien sûr, si on pense que faire son coming-out revient à lancer une grenade à la figure d’une personne (« exploser »), les choses ne sont pas gagnées. Mais qui est ici dans la violence ? L’auteur des lignes en question, qui pose donc l’homosexualité comme une chose horrible à dire, choquante, explosive ? Ou les manifestantEs de la Marche des fiertés, qu’ils et elles soient en slip multicolore, en talons hauts à paillettes, en cuir ou en costume cravate ?

« Nous ne sommes pas les maîtres du jeu, nous n’avons aucun moyen de bricoler l’esprit des intolérants. Ce chemin, ils doivent le faire seul, et je ne suis pas sûr que les manifestations comme la Gay pride les aident à évoluer sur la question dans le bon sens. » Conne que je suis, quand je me suis fait tabasser par des homophobes, j’aurais dû les plaindre en pensant à leur solitude sur leur long chemin de l’ignorance, et pas aller manifester contre l’homophobie, demander des actions de prévention et de sensibilisation, etc.

Le quatrième présupposé nie l’hétérosexualité comme système politique. C’est à quoi sert la ritournelle du « je ne me réduis pas à ma sexualité ». Comme si celles et ceux qui allaient aux Marches des fiertés réduisaient leur vie à leur pratique sexuelle, à leur identité de genre. Comme si aller à une manif enseignante quand on est prof, c’était réduire sa vie à son métier. Comme si participer à une action anti-raciste, c’était réduire les personnes à leur couleur de peau. Etc, etc. En vérité, affirmer son orientation sexuelle (ou son identité de genre) est un moyen d’interpeller sur ce qui pose problème pour la société : ma sexualité, mon identité de genre. C’est bien parce que les homophobes sacralisent ma sexualité, me privent de droit à cause de celles-ci, que je leur renvoie en pleine face. La visibilité LGBT n’est pas qu’une question de sexualité, c’est un acte politique. L’hétérosexualité n’est pas qu’une orientation sexuelle. C’est un système politique d’oppression (des femmes, des LGBTQIA).

Combinés ensemble, ces présupposés donnent le texte de Pierre Nourrev. Il peut ainsi écrire : « Je pense que les personnes qui comme moi vivent leur vie simplement sans se revendiquer d’aucun milieu que ce soit font beaucoup plus pour l’acceptation des homosexuels que ces manifestations folkloriques qui ne représentent pratiquement personne [On rappelera que ces manifs sont les événements publics qui rassemblent le plus de monde à Paris…] et ne font que conforter la vision caricaturale de cirque généralisé en décalage avec la société chez les personnes qui n’y sont pas confronté. » On aimerait bien le moindre commencement de preuve. On aimerait que Pierre Nourrev nous montre que la discrétion qui règle sa vie aurait favorisé le PaCS, l’ouverture du mariage, les campagnes et actions de prévention contre l’homophobie, plus que la présence collective dans l’espace public de personnes joyeuses, en colère, festives, déterminées, fiErEs de se battre pour leurs droits. Il s’agit d’une telle remise en cause du militantisme LGBT qu’on pourrait au moins espérer qu’il s’appuie sur quelques données, autres que son vécu personnel et lointain des lieux visibles de lutte, marqué par des préjugés.

On comprend donc assez rapidement que l’homophobie est le fait des homos eux-mêmes. Nourrev témoigne : « si cela se passe bien, c’est aussi parce que je ne me définis pas à travers ma sexualité. Mon entourage ne me voit pas comme un homosexuel, et c’est tant mieux. » Quand on pense à tous ces pauvres couillons qui portent plainte après une agression homophobe, alors qu’il suffisait de ne pas se définir à travers sa sexualité, et tout se serait bien passé…

Pierre Nourrev veut être soluble. Tant mieux pour lui. Il a l’air d’être heureux. Mais il est étonnant que dans ce processus de dissolution, il ne trouve rien de mieux à faire que de dénigrer des décennies de visibilité LGBT.

Pour ma part, je ne suis pas un cachet d’efferalgan. Je n’entends pas me dissoudre dans un système qui m’opprime, en pleurant sur le sort des mes pauvres-petits-oppresseur-Ses-choquéEs-par-les-images-de-TF1-et-qui-bouh-bouh-ont-bien-du-mal-à-m-accepter, alors qu’ils et elles viennent de me tabasser, de m’insulter, qu’ils et elles m’ont empêché pendant des années de me marier, qu’ils et elles empêchent les couples de femmes de recourir à la PMA, qu’ils et elles empêchent les trans un changement facilité d’état civil, qu’ils et elles entravent les actions de prévention contre les LGBT-phobies, qu’ils et elles refusent le droit d’asile à des LGBT persécutéEs, qu’ils et elles en renvoient atteintEs de maladies graves dans des pays où ces personnes ne pourront être prises en charge. Non, je ne me dissoudrai pas dans un monde où le système hétérosexuel amène à l’inégalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, où 100 % des femmes interrogées pour un sondage témoignent avoir été victime d’harcèlement dans leur vie. Pour certains, pour beaucoup, raser les murs dans ce monde-là est de la survie, parfois un réflexe devenu confort. Il ne s’agit pas de juger ces pratiques-là. Mais en faire le principe même des combats pour l’égalité ?

Et ce n’est vraiment pas en essayant de faire croire que l’hétérosexualité serait une orientation sexuelle, et pas un système d’oppression, ce n’est pas en agitant le Front national qu’on va me convaincre que le monde dans lequel on vit est idéal aujourd’hui2, et que l’uniformisation de nos vêtements, de nos musiques, l’invisibilisation de nos revendications, de nos pratiques politiques, seraient la garantie d’une vie plus douce. Pour les hétéros que nous gênons, sans doute. Mais bizarrement, ce n’est pas pour elles et eux que je me bats. Et une stratégie de survie dans un environnement haineux ne peut devenir une règle politique pour nos luttes.

1Ce qui n’empêche pas l’auteur d’écrire : « Je n’ai rien contre la Gay pride [sic] bien sûr, c’est une formidable vitrine notamment pour les ados en questionnement ».

2« Regardez les scores du FN en France, c’est hallucinant. À l’origine de cela il y a l’inculture et la peur de l’autre, d’où l’intérêt de chercher la convergence. » Sur ce point précis, on pourrait demander à l’auteur où est son souci de convergence face au FN, aux Républicains, au PS – qui refuse l’égalité complète des droits-, à la Manif pour tous, quand il dénigre ainsi la visibilité LGBT dans l’espace public. On pourrait aussi lui faire remarquer que, lui-même reconnaissant le pouvoir de l’ignorance et de l’inculture dans les politiques de haine, publier une tribune fondée sur une ignorance assumée de la visibilité LGBT n’est pas forcément le meilleur moyen.

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Publié par
Ancien militant d' Act Up-Paris, j'analyse dans trois blogs différents les discours de haine qui nous infériorisent, les enjeux de la lutte contre le sida et notamment des PrEP.
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LES réactions (17)
Je ne suis pas un Efferalgan
  • Par Oim74 21 Sep 2015 - 18 H 44
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    Votre problème à vous, manifestement, c’est que vous ne vous attachez qu’à la partie visible de l’iceberg.. Vous tapez « militantisme LGBT » sur Google, prenez connaissance de 2 manifestations, et pensez tout savoir.
    Pour connaître l’auteur de ce papier, vous lire le décrire comme « à côté de la plaque » a le mérite de me faire rire, et fort!

     
  • Par Biel 25 Août 2015 - 13 H 19
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    Par ailleurs s’il y a une personne qui est sexiste ici c’est vous. Mais comment vous pouvez écrire sérieusement que l’hétérosexualité est à l’origine de la violence contre les femmes ? Et quoi il faudrait la soigner ? Cela me rappelle tellement les discours homophobes sur les créateurs de mode homo qui serait responsable de l’anorexie. Je ne comprend pas comment un discours aussi sectaire et pour le coupe vraiment hétérotrophe puisse être publié sur yagg. En plus sans possibilité de commenter librement laissant la possibilité à celui qui l’a écrit de censurer tout en insultant gratuitement les interlocuteurs. Heureusement que ces idées sont très minoritaires dans le milieux LGBT avec une personne pareil à la télé sortir ces bêtises on aurait même pas eu le mariage homo.

     
    • Par jeromemartin 25 Août 2015 - 13 H 25
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      On a compris : la Pride de nuit est complice de Daesh, je suis homophobe, antisémite et sexiste, et complice de Daesh, et un horrible censeur. Merci de passer à autre chose : le Salon beige ou chretienté.info. Bisous

       
      • Par Biel 25 Août 2015 - 13 H 57
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        Et bien non je ne fréquent pas ces sites là d’ailleurs je ne connaît même pas le Salon Beige.

         
  • Par Biel 25 Août 2015 - 9 H 12
    Photo du profil de Biel

    « où 100 % des femmes interrogées pour un sondage témoignent avoir été victime d’harcèlement dans leur vie. »

    Désolé mais c’est un sondage bidon, parce qu’il y a des tas des femmes qui contestent ces genres d’affirmation et l’écrivent. Donc 100% n’est pas crédible du tout. Ensuite le problème ce n’est pas l’hétérosexualité mais la différence physique entre l’homme et la femme et celle là on peut pas faire grand chose. Ensuite je suis toujours surpris du fait que ces genres d’affirmation radicale viennent de personne qui ensuite ont une très large tolérance envers les systèmes patriarcaux s’ils sont exotiques comme l’organisatrice de la manif alternative le soir, qui bien sûr a cru bon écrire un article en bavant sur Charlie Hebdo. Aujourd’hui on a la rébellion à très peu de frais. Quand à l’article de Nourev bien sûr qu’il est ridicule, d’autant plus que ces genres de critiques on les entend depuis la naissance de la gaypride, mais ce n’est certainement pas cette manif le soir qui montre qu’on peut critiquer la gaypride car là il s’agit d’une volonté de se montrer plus radicaux (à peu de frais), mais bien le fait que les critiques de Nourev sont monnaie courante.

     
    • Par jeromemartin 25 Août 2015 - 11 H 37
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      Rions un peu avec Biel , le troll raciste et sexiste :
      – Donc, les viols, violences conjugales et harcèlements sexistes sont le fait de la « différence physique entre l’homme et la femme ». Wouaouh !
      – Bien sûr qu’un sondage ne vaut que ce qu’il vaut. Il est cependant assez rare qu’il arrive à un tel résultat. Par ailleurs, la priorité de Biel est bien de lutter contre l’exagération sur le harcèlement sexiste, pas contre le harcèlement lui-même.
      – La Pride de nuit a été organisée collectivement, auto-gérée. Parler d’une organisatrice est donc de l’ordre du vautrage total. Mais je suppose que « collectif » et « auto-géré » ne font pas vraiment sens pour Biel. Plus facile de parler de radicalité à peu de frais que de s’intéresser au fonctionnement réel des luttes, pas vrai ?
      – Et on revoit, une fois de plus, que la liberté d’expression s’arrête là où commence la critique contre Charlie Hebdo. Le rapport avec mon billet ? Les obsessions racistes de Biel….

       
      • Par Biel 25 Août 2015 - 13 H 14
        Photo du profil de Biel

        Si je suis raciste et sexiste toi tu es antisémite et homophobe.

        « Et on revoit, une fois de plus, que la liberté d’expression s’arrête là où commence la critique contre Charlie Hebdo. Le rapport avec mon billet ? Les obsessions racistes de Biel…. »

        Totalement faux, ai-je demande l’interdiction de la critique de Charlie Hebdo ? la critique de Charlie Hebdo est très répandue même Madame de Fontenay a sorti son couplet. Dire que c’est une critique banale et à très peu de frais ce n’est pas empêcher la liberté d’expression, le rapport avec ce le billet écrit par l’organisatrice de cette manif alternative avec bien sûr sa photo avec le keffieh comme d’hab. Plus conformiste d’elle tu meurs…

         » Donc, les viols, violences conjugales et harcèlements sexistes sont le fait de la « différence physique entre l’homme et la femme ». Wouaouh ! »

        Oui en grande partie ensuite ce n’est pas la seule raison bien sûr mais je ne vois pas ce qu’il y a de sexiste à le dire. Mais en fait vous êtes une personne qui n’accepte pas la contradiction et couvre l’interlocuteur d’insultes

        Bien sûr qu’un sondage ne vaut que ce qu’il vaut. Il est cependant assez rare qu’il arrive à un tel résultat. Par ailleurs, la priorité de Biel est bien de lutter contre l’exagération sur le harcèlement sexiste, pas contre le harcèlement lui-même.

        Non ce n’est pas ma priorité, mais en proposant un résultat qui est tout juste impossible (d’ailleurs moi j’en ai lu un à 50%) vous obtenez l’effet inverse

        « La Pride de nuit a été organisée collectivement, auto-gérée. Parler d’une organisatrice est donc de l’ordre du vautrage total. »

        C’est faux, on a eu droit au discours de l’organisatrice qui a fait sa pub sur Yagg, la même qui est allé danser sur le cadavre de Charlie Hebdo comme la compagne de Luz à dénoncé, mais c’est sût qu’elle avec sa « radicalité » ne risque pas grande chose.

         
    • Par SG70 25 Août 2015 - 19 H 15
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      @biel
      "Ensuite le problème ce n’est pas l’hétérosexualité mais la différence physique entre l’homme et la femme et celle là on peut pas faire grand chose."
      Ben si on peut faire pas mal de chose, à commencer par promouvoir un système ou les rapports entre individues ne s’établissent pas suivant un rapport de force (car c’est bien la la différence homme femme la plus courante)
      Après je pense que @jeromemartin commet une erreur de syntaxe quand il stipule que l’hétérosexualité est responsable comme @tortue33 je pense plutôt que c’est le patriarcat qu’il faut accuser.
      Pour ce qui est du sondage sur les 100% des femmes ben en fait non je suis pas étonné du résultat, tout dépends déjà de ce que l’on nome harcèlement mais si c’est se faire insulter si tu refuse les avances d’un mec alors oui le 100% es probablement atteint (pour la petite histoire j’ai fais un sondage rapide auprès des femmes que je connais, il en découle que bien que la perception du harcèlement varie beaucoup – en gros certaines s’en fichent d’autre sont affectées – l’existence de ce harcèlement lui par contre est bel et bien de 100%, le sondage reste cependant idiot à mon sens car on parle sur une vie, ben je suis sur que 100% des hommes on une fois été agressé au moins verbalement dans leur vie, il eu été plus pertinent de réduire la période étudié pour démontrer que ces agression sont monnaie courante.

       
  • Par Tortue33 24 Août 2015 - 17 H 31
    Photo du profil de

    Ma question n’avait rien d’insultant, j’ai lu ton article sinon je ne demanderai pas cela.
    Mais non désolé je ne vois pas du tout en quoi l’hétérosexualité est un système politique d’oppression même après avoir lu.
    Par exemple quand tu marques cette phrase « le système hétérosexuel amène à l’inégalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, où 100 % des femmes interrogées pour un sondage témoignent avoir été victime d’harcèlement dans leur vie. »
    Un système hétérosexuel amènerait tout ça ? Je ne sais pas cela me paraît (pardon du mot) simpliste.
    Mais bon peut être qu’il faudrait commencerait par définir ce qu’est ce fameux système hétéro.
    Enfin, bon ce n’est pas bien grave, je ne voulais pas te paraître blessant avec ma question, c’est juste que moi je vois justement l’hétérosexualité comme une simple orientation sexuelle et tous ces problèmes d’oppression ne sont pour moi pas le fruit de l’hétérosexualité en elle même, du coup je me demandais en tout bien tout honneur pourquoi tu affirmais l’inverse.
    Pardon encore si tu t’es senti attaqué ce n’était pas le but.

     
    • Par jeromemartin 24 Août 2015 - 17 H 53
      Photo du profil de jeromemartin

      @Tortue33
      Je ne me suis pas senti attaqué et désolé si tu as pris ma réponse ainsi : j’avais juste l’impression que le passage était suffisamment clair. L’hétérosexualité est système politique parce c’est la norme implicite imposée (regarde les pubs, regarde les lois, regarde le droit : il ne s’agit pas de nier les progrès, mais bien de constater ). Dès lors, oui, les exemples que je donne relèvent aussi de facteurs autres, mais l’hétérosexualité en est bien au centre, en tant que norme qui sépare hommes et femmes, leur réserve des sorts et des destins sociaux particuliers, attend d’elles et d’eux tel ou tel comportement, accepte, « parce que un homme est comme cela, une femme est comme cela, et il faut qu’ils soient ensemble », toutes les inégalités et oppression dont je ne cite que quelques exemples. Après, il est impossible de résumer en quelques lignes des décennies de recherche sur le genre, il s’agissait surtout pour moi de montrer un des aspects de l’environnement social dans lequel Nourrev entend se dissoudre, en le présentant comme « normal ». A plus.

       
      • Par Tortue33 24 Août 2015 - 18 H 45
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        Je comprends mieux ce que tu veux dire.
        Je suis d’accord l’hétérosexualité est posée comme norme sociale, il est de fait plus facile de vivre si l’on est hétéro et oui cela à un impact important au niveau des oppressions des personnes LGB (T je n’en suis pas sur). C’est une norme implicite, oui, voir par moment carrément explicite, mais imposée ?
        Hmm..là je suis moins d’accord, ni les pubs, ni les lois, ni le droit n’impose l’hétérosexualité, il l’avantage et le favorise certes mais ne l’impose nullement (contrairement aux pays qui condamne l’homosexualité à mort et donc de fait impose l’hétérosexualité).
        Ensuite je me demande est-ce réellement l’hétérosexualité qui est aussi au centre des oppressions des femmes ? Non, je ne pense pas.
        Par exemple tu dis que « l’hétérosexualité en est bien au centre, en tant que norme qui sépare hommes et femmes, leur réserve des sorts et des destins sociaux particuliers »
        L’hétérosexualité vraiment ? Ou plutôt comme semble le suggérer Feels le problème ne viendrait-il pas plutôt du patriarcat ?
        L’hétérosexualité n’a à ma connaissance jamais imposé une ségrégation ou un rapport de force homme/femme, le patriarcat oui.
        Enfin l’autre chose que je me demande c’est que tu poses qu’une norme sociale (hétéro ici) est de faite nécessairement un système politique, or est-ce qu’une norme sociale est un système politique ?
        Par exemple aujourd’hui la norme sociale est que chaque individu doit être habillé et ne pas se déplacer nu dans les rues, peut-on alors dire que l’habillement est un système politique ? (c’est une question naïve je ne connais nullement la réponse ^^)

        Après je suis d’accord sur le fait que Nourrev a écrit des idioties…

         
  • Par Tortue33 24 Août 2015 - 17 H 03
    Photo du profil de

    Quelqu’un pourrait m’expliquer en quoi l’hétérosexualité est un système politique d’oppression ?

     
    • Par jeromemartin 24 Août 2015 - 17 H 28
      Photo du profil de jeromemartin

      « Je n’entends pas me dissoudre dans un système qui m’opprime, en pleurant sur le sort des mes pauvres-petits-oppresseur-Ses-choquéEs-par-les-images-de-TF1-et-qui-bouh-bouh-ont-bien-du-mal-à-m-accepter, alors qu’ils et elles viennent de me tabasser, de m’insulter, qu’ils et elles m’ont empêché pendant des années de me marier, qu’ils et elles empêchent les couples de femmes de recourir à la PMA, qu’ils et elles empêchent les trans un changement facilité d’état civil, qu’ils et elles entravent les actions de prévention contre les LGBT-phobies, qu’ils et elles refusent le droit d’asile à des LGBT persécutéEs, qu’ils et elles en renvoient atteintEs de maladies graves dans des pays où ces personnes ne pourront être prises en charge. Non, je ne me dissoudrai pas dans un monde où le système hétérosexuel amène à l’inégalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, où 100 % des femmes interrogées pour un sondage témoignent avoir été victime d’harcèlement dans leur vie »

       
    • Par Feels 24 Août 2015 - 17 H 43
      Photo du profil de Feels

      Quelque chose quelque chose patriarcat. #CQFD

       
  • Par clydedeyagg 24 Août 2015 - 16 H 57
    Photo du profil de clydedeyagg

    Comme Adrien, je souscris à ce papier qui remet les pendules à l’heure qu’il faut. Merci!

     
  • Par Adrien C. 24 Août 2015 - 15 H 58
    Photo du profil de Adrien C.

    Super note de blog, merci! 🙂

     
  • Par AsDePique 21 Août 2015 - 17 H 07
    Photo du profil de AsDePique

    J’avais déjà fait une tribune sur les défauts de certains militants qui ne voient qu’à travers le prisme de leurs propres luttes. Je soupçonne d’ailleurs que l’immonde affiche « Nos luttes vous émancipent » soit un effet de cette dérive.
    En fait, perso, j’ai pas de problème avec la visibilité et les prides (sauf que je suis ochlophobe), le problème des militants, c’est leur logique guerrière et combative au lieu d’être dans l’éducation et l’explication. Les manif’ c’est bien, mais les insultes à l’encontre des électeurs du FN ou des républicains, c’est juste idiot.
    En plus de nombreux militants pour les causes LGBT félicitent Taubira pour le mariage pour tous. Ils oublient juste de faire le bilan complet et de rappeler que sur la loi Renseignement qui organise la surveillance (en particulier des militants politiques) elle n’a rien fait, alors que ça nous concerne aussi…
    Donc voilà, le mec est complètement à côté de la plaque, mais je comprends une partie de son coup de gueule. Fièr(e)s, oui ! Sans Frontières, on peut en discuter ! Vénères, certainement pas ! Votre commentaire est en attente de modération

     
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