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Actu | Associatif | 09.10.2015 - 09 h 03 | 4 COMMENTAIRES
Travail du sexe : Zéro Macho, Zéro Expertise, Zéro Cohérence
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Le porte-parole de Zéro Macho, Patric Jean, se fend sur Mediapart d’une tribune sur le travail du sexe. Constatant le machisme qui règne au Sénat, il en fait la seule raison qui explique le rejet de certaines dispositions de la loi sur la prostitution en commission le 7 octobre. Il serait dommage selon lui qu’on n’ait pas écouté la seule parole légitime sur la question, celle des élues favorables à la loi. Et toutes les autres femmes opposées à la loi, elles ne comptent pour rien ? Patric Jean invente un nouveau féminisme : celui où des mecs ne considèrent la parole des femmes qu’à condition qu’elles soient d’accord avec eux. Ce discours se tient au mépris de toute expertise, de toute rigueur, de toute cohérence et de tout impératif de lutte contre le VIH/sida.

Que le machisme règne au Sénat, qui peut en douter ? Mediapart en apporte la preuve par certains témoignages de son Machoscope. J’en ai chroniqué un exemple à propos des sénateurs Poher et Mayet sur cet article.

Que la parole de femmes sur des sujets féministes doive être priorisée, qui peut encore en douter ? La parole à la première personne est vitale. Et Patric Jean de citer des responsables politiques favorables à la pénalisation des clients : Vallaud-Belkacem, Maud Olivier, Danielle Bousquet, Marie-George Buffet, etc. De ces faits et de certaines rumeurs1 il conclue que si « la loi sur la prostitution a été une seconde fois retoquée par les sénateurs en commission hier. », c’est à cause du machisme du Sénat.

Zéro rigueur

D’une part, le constat est faux. Non, la loi n’a pas été retoquée, c’est-à-dire rejetée. On peut le lire sur le site de la commission sénatoriale, à la page consacrée au rapport produit sur la question. « Au cours de sa réunion du mercredi 7 octobre 2015, la commission spéciale a adopté l’ensemble de la proposition de loi dans la rédaction issue de ses travaux. » Par contre, la commission a adopté un rapport qui entend modifier le texte. Il est notamment proposé de supprimer la disposition pénalisant les clients. L’amendement concerné a été accepté.

En affirmant contre toute évidence que la proposition de loi a été rejetée, le porte-parole prouve que l’idéologie et la propagande l’emportent sur la vérité et la rigueur.

En identifiant l’ensemble de la proposition de loi à la seule pénalisation des clients, le porte-parole de Zéro Macho révèle la réalité du discours abolitionniste-prohibitionniste, qui cherche à nous faire croire que la répression n’est pas sa priorité et que le volet social de la loi les intéresserait au premier chef. Il n’en est rien puisque que Patric Jean n’accorde aucun intérêt au volet social de la loi, qui a par bien des aspects été renforcée par la commission.

Zéro Droits

Ce refus de prendre en compte le social, Patric Jean le prouve encore en citant la députée Maud Olivier sans aucun recul critique. Militante acharnée de la pénalisation des clients, cette élue a encore aggravé la précarité sociale des travailleuses du sexe sans-papiers par un amendement réduisant la durée des autorisations provisoires de séjour qui leur seraient données. Question à Patric Jean : pensez-vous que de telles dispositions soient de nature à faire avancer les droits de personnes précaires et vulnérables, à améliorer leur situation ? Êtes-vous pour une augmentation des expulsions de femmes sans-papiers ? Répondre à de telles questions permettrait de nous éclairer sur vos conceptions de « la prise en charge sociale des personnes victimes de la traite », puisque vous ne daignez pas en parler, et célébrez au nom du féminisme une élue qui aggrave la précarité de ces personnes.

Zéro Calcul

Mais prenons acte avec Patric Jean que la loi n’est que répressive et ne compterait donc que la pénalisation des clients. Selon le porte-parole de Zéro Macho, la mesure aurait été retoquée car le machisme dominerait le Sénat, faisant taire la voix des femmes élues.

Faisons un peu les comptes. Dans la commission dont parle Patric Jean (dont la composition est visible à ce lien), je compte 22 femmes et 16 hommes. Même en tenant compte d’absences éventuelles, on doit bien se dire que la pénalisation des clients a dû être refusée…par des sénatrices !

Soit Patric Jean nous la joue à la Monsieur Jourdain et découvre que des femmes peuvent avoir des avis différents de lui ; soit il le savait et refuse d’en parler, minant toute la cohérence de son argumentation.

Pourquoi Patric Jean n’en parle-t-il pas, lui qui estime qu’elles sont « parfaitement placées pour connaître les conséquences de la violence sexiste, y compris en politique. » ? Esther Benbassa est une sénatrice particulièrement engagée pour une autre politique concernant le travail du sexe. Pourquoi ne pas la citer ?

La voix de ces femmes doit-elle tenue pour négligeable ? Mais pour quelles raisons ? Elles seraient manipulées ? Une femme, par essence, doit-elle penser comme Najet Vallaud Belkacem à propos de la prostitution, sinon elle serait dévoyée ? Manipulée par d’obcurs lobbys ? Intimidée par le sexisme qui règne au Sénat ? Il serait trop difficile pour un auto-proclamé « Zéro Macho » de considérer que des femmes différentes puissent défendre des féminismes différents ? La position de Patric Jean appelle de nombreuses questions. Aucune réponse ne laisse indemne : car quelle que soit la raison invoquée, il faut à un homme une bonne dose de condescendance machiste pour effacer du spectre démocratique les voix des femmes qui ne pensent pas comme vous et décerner de son socle masculin des bons points en féminisme.

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Zéro Démocratie

Et le porte-parole de pleurnicher car le Sénat n’aurait pas assez reçu les associations prohibitionnistes-abolitionnistes. En réalité, la lecture des rapports, des compte-rendus d’auditions, montrent que cette mouvance a bien plus été entendue par les commissions parlementaires concernées au cours des 5 dernières années que les associations opposée à la pénalisation des clients. Patric Jean nous la joue Zemmour et Onfray, ces stars des plateaux qui chouinent parce qu’ils seraient censurés !

Il faut tout de même être bien culotté pour se poser comme victime d’un déni de démocratie quand soi-même on refuse le pluralisme des points de vue aux femmes élues… et à la société civile.

Car si des femmes politiques « sont parfaitement placées pour connaître les conséquences de la violence sexiste, y compris en politique » on doit en conclure sous peine d’incohérence que des femmes travailleuses du sexe sont, elles, « parfaitement placées pour connaître les conséquences de la violence politique sur leur vie et leurs droits ». Or, Zéro Macho et le réseau autour duquel cette association gravite, ne cessent d’effacer la parole des premières concernées : cette tribune en est une nouvelle preuve.

Syndicats de prostituées, associations de santé communautaires, collectif (comme celui des Roses d’acier) : toutes s’opposent à la loi, et notamment à la pénalisation du client. Leur voix ne doit-elle pas être entendue dans les débats publics et par les élu-es ? Patric Jean prétend-il, de son statut de Zéro Macho, savoir mieux qu’elles ce qui est bon pour elles ?

Et derrière ces personnes, il y a tant d’associations, de personnes et d’institutions : le Planning Familial, opposé à la pénalisation des clients bien que revendiquant une position abolitionniste ; Médecins du Monde ; des associations de lutte contre le sida ; le Conseil national du sida ; Amnesty International ; l’ONUSIDA ; le PNUD ; l’Organisation mondiale de la santé.

100 % obscénité, 100 % sida

Là où le porte-parole de Zéro Macho voit dans la décision de la commission sénatoriale l’impact du machisme, on est en droit d’avancer une autre explication: cette commission a fait un réel travail de consultation démocratique et d’expertise, a pesé les risques que faisait courir la pénalisation des clients aux travailleuses du sexe elles-mêmes, a estimé que cette mesure ne permettrait pas de lutter contre les trafics et l’a donc repoussée. La qualité des débats en commission en première et deuxième lecture le prouvent.

Que Patric Jean se moque des conséquences sociales et sanitaires, qu’il tienne pour indifférent que la mesure qu’il défend bloquera les actions de prévention et provoquera des contaminations au VIH n’engage au fond que sa conscience. Qu’il prenne comme prétexte le machisme du Sénat pour masquer le fait que les élu-es de cette chambre ont, elles et eux, pris en compte ce risque, est abject à plus d’un titre. Que Patric Jean se moque du fait que cette mesure sera inefficace pour lutter contre les réseaux, qu’elle rendra des travailleuses du sexe plus dépendantes de protecteurs est là encore son problème. Est-il machiste que les sénateurs-rices aient pris en compte ce simple fait ?

Que le porte-parole de Zéro Macho mette cette décision au même niveau que le harcèlement sexuel en dit long sur son mépris de la démocratie et sur son insincérité anti-machistes : car, non, on ne banaliserait pas ainsi les violences dont sont victimes les femmes pour décrire une décision démocratique, fruit d’un débat pluraliste.

Qu’il vienne comparer les opposant-es à la loi aux opposant-es de la loi Veil revient vraiment à tendre le bâton pour se faire battre. Car on aimerait qu’il nous montre l’attachement du Nid, association autour de laquelle il gravite, aux droits à l’avortement. Zéro Macho sait-il que le Nid a refusé de participer aux manifestations de soutien à l’avortement à l’occasion des 40 ans de la loi Veil ? Le Strass (syndicat des travailleuses du sexe), les associations de lutte contre le sida et le Planning familial y étaient…Et se réclamer du féminisme alors qu’on travaille avec une association qui refuse de distribuer des préservatifs, d’orienter vers des centres IVG ou de soutenir l’accès à la contraception au nom d’opinions religieuses, c’est tout de même d’une rare incohérence

Ces contradictions ne s’expliquent que par ce simple fait : bien loin d’être Zéro Macho, Patric Jean réinvente une nouvelle forme de condescendance patriarcale, où le mâle accorde les bons ou mauvais points aux femmes et à leurs soutiens en fonction de leur proximité avec sa propre pensée.

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Publié par
Ancien militant d' Act Up-Paris, j'analyse dans trois blogs différents les discours de haine qui nous infériorisent, les enjeux de la lutte contre le sida et notamment des PrEP.
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LES réactions (4)
Travail du sexe : Zéro Macho, Zéro Expertise, Zéro Cohérence
  • Par laurec 13 Nov 2015 - 9 H 52
    Photo du profil de laurec

    @Belladonne: Ce qui me choque aussi particulièrement, c’est cette notion des « sénatrices complices du patriarcat », celles qui se seraient élevées « à l’ombre de protecteurs masculins ». C’est-à-dire? Une femme ne peut pas s’élever par son propre travail, sans qu’elle soit assistée par un homme? Une femme qui accède au pouvoir est forcément « complice du patriarcat », et n’a plus droit à s’exprimer sur des sujets qui concernent les femmes? Pour pouvoir se revendiquer féministe, il faut se trouver bien à sa place de femme, tout en bas de l’échelle? Vous avez encore beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir entamer une réflexion sur les droits des femmes, apparemment.

     
  • Par Belladonne 10 Oct 2015 - 19 H 57

    On fait difficilement mieux comme distorsion de la réalité. Si le débat sur la prostitution avait lieusur une planète épargnée par le patriarcat alors oui les mieux placées pour parler de la prostitution seraient peut-être les prostituées elles mêmes. Mais nous sommes dans un monde où la domination masculine est la règle et irradie tous les espaces publics et privés. Parler de la liberté de se prostituer alors qu’il s’agit pour les femmes pauvres et discriminées d’une stratégie de survie, dictée par des hommes riches et des expériences de violences sexuelles répétées est cynique. La majorité des femmes qui ont le pouvoir de s’exprimer sur ce sujet sont complices des sstructures patriarcales qui les oppressent soit en tant que sénatrices car leur carrières d’élues locales se sont faites à l’ombre de protecteurs masculins dont elles ont intégré les normes et les habitus sociaux, y compris le recours à la prostitution comme garantie de non-agression des autres femmes. Celles qui se proclament les premières concernées ne le sont plus. Les seules prostituées qui prennent la parole en public sont eelles mêmes en position de pouvoir sur d’autres plus faibles et plus vulnérables qu’elles qui abattent le « travail » qu’elles ont le pouvoir de refuser. Les clients alcooliques ou violents, les pratiques perverses et douloureuses, les passes sous-payées effectuées en vitesse dans la rue sont leur lot quotidien. Elles n’ont jamais la parole et même pas envie de ma prendre, le travail du sexe ne sera jamais une activité qu’elles revendiquent d’exercer. Elles en ont honte et redoutent que leur famille l’apprenne. La pénalisation des clients vise justement à ce que la honte change de camp. Que ce soit ceux qui exploitent les traumatismes et la détresse d’autrui qui apprennent que ce n’est pas acceptable. La commercialisation des traumatismes sexuels doit cesser d’apparaître comme une stratégie de sortie de la pauvreté comme nous le fait croire le patriarcat depuis 3000ans. Les études internationales menées en Suède ont prouvé à maintes reprises combien les femmes restaient accessibles pour la police et les associations de soutien après l’adoption de cette loi sur la pénalisation des clients. Si les clients trouvent les femmes alors les policiers les trouvent aussi. Et elles peuvent faire jouer la peur du client de se faire chopper pour récupérer une certaine marge de manoeuvre lors de l’interaction.. De fait la Suède a perdu son attrait pour les traficants qui préfèrent agir dans les pays où l’achat de sexe est autorisé. Les zeromachos sont très bien informés sur ce sujet et leur porte parole a rencontré à plusieurs reprises le chef du commissariat dédié de la police de Stockholm pour en parler ce qui n’est visiblement pas le cas de l’auteur de cet article qui se contente de citer tous les poncifs patriarcaux et les institutions qui les relaient dont im est de ‘notoriété publiques qu’elles sont infiltrées par l’industrie du sexe.

     
    • Par jeromemartin 10 Oct 2015 - 22 H 46
      Photo du profil de jeromemartin

      1/ L’information factuelle précise que je retiens de votre commentaire, c’est que Zero Macho discute avec les policiers. Discuter avec les prostituées, par contre…Vive la politique sociale vers les travailleuses du sexe : la police, la police, la police !

      2/ Votre argumentation tient en ceci : les femmes prostituées qui s’expriment et qui ne sont pas de votre avis sont trop honteuses / précaires / traumatisées par leur quotidien pour parler en leur nom propre. Il faut donc trouver un moyen pour les aider à lutter contre la honte. C’est selon vous, la pénalisation, qui devrait permettre à la honte de changer de camp. J’ai pour ma part, et avec beaucoup d’autres, une autre conviction : jamais la répression n’a aidé en quoi que ce soit les personnes à s’affirmer. Ce sont des logiques d’empowerment qu’il faut mettre en place, de renforcement des capacités, qui passent notamment par une politique de droits, droits inconditionnels, de reconnaissance des personnes pour ce qu’elles sont, de prise en compte de leur parole. Vous rendez-vous compte de l’effet performatif de vos propos (pour celles et ceux qui ne le savent pas, le performatif est une fonction du langage qui fait que la parole devient un acte « je vous bénis », par exemple). Dire à des femmes, comme les Roses d’acier, que vous ne prendrez jamais en compte leur parole parce qu’elles sont trop pauvres / connes / étrangères / traumatisées et que vous seule savez ce qui est bon pour elle, est une violence en soi qui enferme les personnes que vous prétendez aider dans un rôle de victime.
      3/ vous parlez sans aucune référence précise « des » études internationales sur l’exemple suédois qui seraient unanimes. Le rapport du PNUD sur les questions VIH vous contredit, et ce n’est pas le seul. Merci de faire des citations exactes, précises, comme je le fais dans l’article, avec des liens.
      4/ Vous semblez reprocher aux prostituées qui prennent la parole d’avoir du pouvoir ? Donc, pour vous, une pute qui milite et qui lutte contre la honte (celle que vous contribuez vous même à véhiculer par vos propes discours) ne devrait plus parler ? Seul le Nid devrait parler à la place des travailleuses du sexe ? Ou bien les anciennes travailleuses du sexe, qui se « repentent » ?
      5/ Et quand bien même je serais d’accord avec vous, avez-vous bien lu mon texte ? Esther Benbassa n’est pas une femme ? Les femmes de la commission sénatoriale qui ont voté contre la pénalisation des clients ne sont pas des femmes ? Vous trouvez anti-patriarcal qu’un homme refuse de mentionner la parole des femmes qui sont en désaccord avec lui, et mette sur le compte du sexisme une décision qui a été prise après un débat de fond, et prise par des femmes qui étaient majoritaires dans la commission ?
      6/ Et bien sûr, aucun mot sur le VIH/sida. L’expertise de trente années de lutte, d’une dizaine d’associations de terrain (pour ne s’en tenir qu’à la France ) : rien à foutre, hein ?
      7/ La police est aussi responsable de violence, y compris de viols, sur les travailleuses du sexe. C’est avec eux que Zero Macho discute, et non avec les premiers concernés. C’est à la police que vous confiez le soin de lutter contre le patriarcat. Comment dire….
      8/ les opposants à la pénalisation des clients seraient infiltrés par l’indutrie du sexe : entre le Planning Familial et Médecins du Monde, entre Act Up et Amnesty International, entre le CNS et le PNUD ou l’OMS, vraiment, les infiltré-es de l’industrie du sexe ont de quoi faire. Par contre, les auto-proclamées ennemies du patriarcat trouvent super sympa que des mecs décident pour des femmes ce qui est bon pour elles et défendent Zéro Macho.
      9/ les prostituées auraient une marge de manoeuvre supplémentaire avec la pénalisation des clients : « fais ce que je te dis ou appelle les flics ». J’ai déjà répondu à cet argument du Nid, cette association catholique anti-IVG, anti-contraception, dont vous reprenez les arguments et la rhétorique. C’est ici : https://blogs.mediapart.fr/blog/merome-jardin/160714/propos-dun-communique-du-mouvement-du-nid
      Extrait : « Passons sur la morale politique que cet argument implique : « tiens, une ‘personne femme en situation de prostitution’ négocie un tarif et un acte avec son client, et là, si elle n’a pas le dernier mot, elle pourra lui dire qu’elle va le dénoncer aux flics en tant que client, après avoir négocié avec lui, ce sera un bon moyen, super efficace, pour faire progresser ses conditions de travail ». L’amélioration des conditions de travail par le chantage, pardon le « moyen de pression effectif » : le Nid a une vision pas super sympa des luttes pour l’émancipation et l’empowerment…

      Mais le problème ne réside pas dans l’éthique politique, contestable, des déclarations de Claire Quidet. Il réside dans la contradiction flagrante entre l’objectif affiché dans cet unique communiqué, de juillet 2014, d’améliorer les conditions de travail des putes, donc de les reconnaître comme des personnes à part entière, capables de faire des choix, et celui, officiel, asséné depuis des mois et des années, par la même association, de faire sortir les personnes de la prostitution en agissant sur la demande ou en les soumettant à des pressions, notamment quand elles veulent continuer leur activité : accès au logement contre sortie de la prostitution, accès à des papiers contre dénonciation de proxénètes, etc, etc. »

       
  • Par Mylène 10 Oct 2015 - 9 H 29

    MERCI!!!!!!!!De faire la lumière sur cet individu méprisant et ses funestes conceptions humaines et démocratiques.

     
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