Le sida a tué près de 40 millions de personnes depuis le début de l’épidémie. Ce sont ces mort-es que Kelly Betesh, aujourd’hui candidate FN aux régionales sur Paris, a insulté-es en niant sur Tweeter ce qui les avait tué-es. Ce sont aussi les millions de personnes vivant avec le virus qu’elle rabaisse en leur signifiant clairement : « votre infection n’existe pas ».

« J’ai écrit trop vite » ?

Aujourd’hui que ses tweets sont diffusés par Le Lab d’Europe 1, elle refuse de les assumer et plaide la précipitation. Relisons un peu ses messages :

tweetsBetesh

Betesh utilisait le hashtag « #SIDAArnaqueDuSiecle ». Elle aurait écrit trop vite. Elle expliquait qu’on pourrait être séropositive en France, et changer de statut sérologique en passant la frontière. Elle aurait écrit trop vite. Dans son deuxième message, elle écrivait que le sida n’existe pas. Elle aurait écrit trop vite. Betesh aurait donc du mal à contrôler ses doigts, qui iraient plus vite que sa pensée. Qui peut croire de telle sottises ? Betesh doit vraiment mépriser les personnes à qui elle s’adresse pour s’imaginer qu’on lira cette justification sans rire de sa lâcheté.

J’ai parlé trop vite ?

Au Lab, Betesh essaie de  faire croire qu’elle a écrit trop vite et que « ça ne représente pas ma pensée ». Et pourtant, au Lab, Betesh répète les mêmes propos obscurantistes: « dans un pays on peut être déclaré séropositif, dans un autre non ».

Etre séropositif-ve (au VIH), cela signifie que des anticorps à un virus (celui du sida) sont présents dans notre sang. Il s’agit du résultat d’un test biologique. Cela n’a pas de frontière. Betesh s’enfonce donc dans l’obscurantisme. Mais on imagine bien que dans quelques mois, revenant sur ses propos tenus au Lab, l’étudiante en médecine dira : « J’ai parlé trop vite » et nous filera une nouvelle version obscurantiste de ses pensées sur le VIH.

Des sidatoriums au déni du sida

En 1987, le FN prônait des « sidatoriums », des centres d’enfermement pour les malades du sida, dont Le Pen estimait que la sueur et le sang étaient contaminants. Cette proposition et ces théories n’ont jamais été contestées ensuite par le parti.

28 ans plus tard, Betesh s’inscrit dans une autre tradition obscurantiste : le négationnisme du sida. C’est une « théorie » scientifique qui remet en cause l’existence  du VIH. C’est bien ce qu’esquisse la candidate FN en remettant en cause le principe même de la séropositivité.

Le FN ne cesse d’instrumentaliser le sida : une nouvelle preuve en a été donnée avec les prises de positions des élus départementaux du Vaucluse sur les subventions aux associations de lutte contre le VIH. Betesh dit au Lab qu’elle a écrit trop vite : elle est en fait cohérente avec sa famille politique.

Bientôt médecin ?

Betesh est étudiante en médecine à Paris-Descartes. Une université  peut-elle accepter qu’une de ses étudiantes fasse profession d’obscurantisme dans sesntactivités politiques et nie la réalité du VIH et du sida en public ?

On espère que Betesh sera au moins convoquée par la direction de l’université pour une mise au point : les propos publics qu’elle a tenus ne relève en rien de la « liberté d’expression ». Ils sont le signe d’une conception obscurantiste de la médecine, où l’idéologie prévaut sur le savoir et la bienveillance. Il serait anormal qu’une université de médecine accepte de servir de caution à de telles pratiques.

Il est inquiétant de s’imaginer qu’une telle personne puisse un jour être médecin : déni de la science, déni des malades, déni des mort-es, soif de gloriole, refus d’assumer ses propos et ses responsabilités. Non, rien de cela ne fait un-e bon-ne praticien-ne. Faisons en sorte que ses futur-es éventuel-les patient-es n’oublient pas ses propos et se rappellent ses conceptions sur le VIH