Madame

Je n’ai pas vibré aux sacres de Reims, ni à la fête de la fédération, car je n’étais pas vivant à cette époque. Je ne peux donc être français selon les critères que vous avez exposés vous même à propos de nos concitoyen-nes musulman-es, nos frères et nos sœurs.

Je vous pensais jeune femme issue d’une famille raciste et antisémite, petite-fille d’un ancien tortionnaire de la guerre d’Algérie, née avec une cuillère d’argent dans la bouche du fait des entourloupes de votre grand-père, impatiente de faire vos premiers pas derrière papi et tata dans leur épicerie de la haine anti-pédé, anti-gouines, anti-trans, anti-femmes, anti-bougnoules, anti-youpin-es, anti-négros, anti-musulman-es, anti-pauvres, anti-tout.

Mais en fait de jeune femme débutant une carrière politique haineuse, vous êtes une zombie de plus de mille ans, qui avez vibré aux sacres de Reims.

Il est difficile d’établir des critères plus sélectifs pour être français-es. J’espère que l’administration pourra gérer la surcharge de procédures entraînées par les millions de déchéances de nationalité que vous imposez ainsi. En effet, le parti actuellement au pouvoir orientant sa politique sur les délires du Front national, je crains de devoir me passer de nationalité française d’ici peu, et de ne pas être le seul.

Jérôme Martin

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Image originale de Gauthier Bouchet sous licence Creative Commons paternité-partage à l’identique.