« Le droit du sol est l’absurdité qui consiste à dire qu’un cheval est une vache parce qu’il est né dans une étable…ça vous inspire quoi ? ». Puisque Christine Boutin nous demande ce que nous inspire son tweet, ne nous privons pas de ce plaisir.

La première chose que cela m’a inspiré, c’est la réaction suivante :

Cela m’a ensuite inspiré un super jeu de mot digne du Canard enchaîné que j’ai reproduit dans le titre. Et puis j’ai ri tout seul (oui, je sais) en imaginant l’étable de la loi brisée par Moïse à cause du veau d’or qui demande à être cheval. Jésus s’en est mêlé :

Mon spinozisme s’est alors insurgé (« ne pas rire, ne pas juger, ne pas dénigrer, mais comprendre » : Spinoza n’avait jamais rencontré Christine Boutin). J’ai donc cherché à comprendre la métaphore de l’étable pour décrire les lois régissant la nationalité française.

L’étable, c’est la France. La vache, c’est le/la Française, parce que née dans l’étable. Le cheval, c’est le/la pas-FrançaisE. La vache est française parce qu’elle est née dans l’étable-France ; le cheval est sri-lankais parce qu’il est né dans le hara-Sri Lanka. Ce serait donc ridicule que le cheval-srilankais demande à être une vache-française puisqu’il n’est pas né dans l’étable-France.

Avec le paragraphe précédent, j’ai atteint la « tangente Spinoza », celle où chercher à comprendre sans se moquer devient impossible.

Parce que rien ne marche dans la métaphore que Boutin a piquée à Le Pen, et que donc tout invite à un gros foutage de gueule. Par exemple, dans une étable naissent des brebis, des rennes, des chèvres, des moutons, et même, oui, des chevaux, parfois des poussins. S’y accouplent aussi des humains.

De même, les différences entre les nationalités n’ont rien de commun avec les différences entre espèces animales. Une vache et un cheval ne peuvent pas avoir d’enfant en copulant. Un Sri-Lankais et une Française peuvent coucher ensemble et avoir un enfant. Et on a honte de le dire tant cela semble évident, mais l’alternative droit du sol / droit du sang concerne bien évidemment les enfants. Si Boutin voulait filer sa métaphore pour défendre le droit du sang, il faudrait qu’elle imagine vache et cheval copuler, avoir des enfants (ah, ah, ah) et…. Moi, je préfère les licornes.


Mise à jour du 27 décembre : on me signale (merci, Gwen) une autre victime de l’étable. En août 2013, Valérie Boyer tweetait l’aphorisme lepéniste en l’attribuant à … Montesquieu. Elle se justifiera plus tard ainsi :

Hier soir tardivement je tweetais, et j’ai été très surprise de découvrir cette phrase. J’allais mettre c’est quoi ce truc ? et c’est parti tout seul. Comme ça a dérivé tout de suite vers l’injure, j’ai arrêté tout de suite, car je ne réponds jamais aux tweets injurieux. Au moment où j’ai appuyé, je me suis souvenue que c’était une phrase bidon, et c’était trop tard.

Je n’arrive plus à écrire tant je ris : « au moment où j’ai appuyé »… Voir ces articles du Lab à ce lien et du Point à ce lien.