Mercredi dernier, Sifaoui a confirmé sur tweeter son sexisme. Il a ouvertement fait savoir qu’une femme devrait s’habiller non pas comme elle l’entend, mais bien conformément à ce que lui, homme, estime être le propre d’une femme désirable : en mini-jupe, sans voile.

Daté du 13 janvier 2016, le tweet reproduit la photo d’une femme vue de trois-quart dos, devant un comptoir.  En mini-jupe, elle porte une veste de cuir et un voile. On ne sait pas d’où vient la photo : est-ce Mohamed Sifaoui qui l’a prise ? Sinon, où l’a-t-il récupérée ? On ne sait pas non plus si cette femme était d’accord pour qu’on dispose ainsi de son image.

La photo est accompagnée du message suivant :

Comme on dit en Algérie, le haut c’est pour fair (sic) plaisir à Allah et le bas c’est pour le plaisir de AbdAllah #voile

Sifaoui présente son tweet comme un dicton algérien. La France elle aussi ne tarit pas de dictons sexistes : « Femme qui rit, déjà au lit », « Femme au volant, la mort au tournant ». On remerciera donc Sifaoui pour ce moment  d’ouverture au sexisme ultra-méditerranéen.

Sifaoui ne peut s’imaginer qu’une femme puisse s’habiller comme elle l’entend, et donner le sens qu’elle veut à ce qu’elle porte. Dans le dicton présenté comme algérien, le haut (donc, le voile) est  pour le plaisir de dieu, le bas (donc, la mini-jupe) pour le plaisir de l’homme.

J’ai regardé loin dans l’historique des tweets de Sifaoui et n’y ai trouvé aucune photo de femme en mini-jupe qui aurait suscité de sa part un commentaire. C’est donc bien l’association du voile et de la mini-jupe qui retient son attention. Et il faut une belle dose d’essentialisation islamophobe et sexiste pour faire du voile et de la mini-jupe des tenues incompatibles suscitant un tweet grivois aussi pourri.

Pour Mohamed Sifaoui, la femme n’est qu’un objet : de contemplation et de désir, de moqueries ou de servitude (les fourneaux!). Elle n’est pas un sujet, actrice responsable de ses propres choix, par exemple vestimentaires. Comment expliquer que ce sexisme crasse ne soit pas abordé à chaque intervention médiatique de Sifaoui par les journalistes qui l’interrogent ?