Le Dilcra (Délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme) Gilles Clavreul n’a toujours pas condamné les propos homophobes d’André Vingt-Trois et s’est contenté d’annoncer hier une vague audience demandée au cardinal. La lutte contre l’homophobie est-elle réellement passée dans ses attributions ? Est-elle pour lui une authentique priorité ?

Ce silence et cet attentisme se rajoutent à ceux de François Hollande ou du gouvernement. Quelle qu’en soit la raison1, ce refus de condamner est une caution à l’homophobie des propos du cardinal, et participent à la banalisation de la haine anti-LGBT.

Gilles Clavreul n’a pourtant pas habitué à cet attentisme. L’été dernier, il tweettait sans connaissance du dossier sur l’affaire du bikini de Reims, contribuant, comme le rappelle un article du Monde (disponible à ce lien) à une médiatisation à outrance de ce qui a été présenté comme un acte sexiste et anti-laïque de musulmanes, et qui était en fait une bagarre sur fond d’insultes liées au physique. Clavreul, ignorant des tenants et aboutissant, en avait même profité pour tacler les opposant-es à l’interdiction du voile :

 

Nulle « audience » alors, nulle recherche de sources et de versions contradictoires.

Que faut-il en conclure ? Que réagir à une bagarre d’ados pour y traquer une atteinte imaginaire à la laïcité et un sexisme islamiste tout aussi imaginaire est pour Clavreul une priorité qui implique une réaction urgente, alors que réagir à des propos ouvertement homophobes dans un discours public, tenu devant le chef de l’État et les médias nationaux exigerait prudence, retenue et entretien avec le responsable de ces propos ?

La lutte contre l’homophobie est-elle réellement devenue une attribution du Dilcra et de sa délégation ? Ce silence confirme les craintes exprimées par des militant-es LGBT, et que je partage, après l’annonce de François Hollande, l’été dernier (voir article à ce lien), de ce nouveau manddat de la DILCRA. Et le fait que le fil d’actualité du site officiel de la délégation ne mentionne pas cette décision ne rassure vraiment pas.

Le site de la Dilcra au 30 juillet 2016

Le site de la Dilcra au 30 juillet 2016

 

Crédit photo de Une : profil Facebook de Gilles Clavreul

1Je partage les positions de Gwen Fauchois dans sa tribune (voir à ce lien) quand elle écrit au sujet de ce soutien tacite des dirigeant-es socialistes aux propos du cardinal : « Voilà donc le prix idéologique de la gestion politicienne de l’ouverture du mariage, on peut désormais stigmatiser des « déviances », leur attribuer la responsabilité de la dégradation de la société en haine et violence mais prétendre concourir avec la bénédiction de la classe médiatico-politique à une unité nationale dont la condamnation de l’homophobie ne fait pas partie. »