Au milieu des attaques homophobes contre la récente campagne de prévention du VIH, la question de son coût a été évoquée par la porte-parole de campagne de François Fillon. Isabelle Le Callennec. Et si elle nous parlait plutôt du coût de l’absentéisme parlementaire du candidat à la primaire ?

« Isabelle Le Callennec a déclaré qu’elle demanderait des explications sur le choix des affiches et le coût de la campagne au ministère de la Santé, en tant que députée et membre de la Commission des affaires sociales. » nous indique une dépêche AFP relayée par le Point.

Et le coût de l’absentéisme de François Fillon ? Comme l’a rappelé notamment Guillaume Meurice sur Facebook et comme le comptabilise le site nosdeputes.fr, Fillon n’effectue pas le travail parlementaire pour lequel il est payé.

15128920_1322670867797537_2326436003776179175_o

Depuis 12 mois, on n’a relevé sa présence que 20 semaines. Il n’a été présent que vingt fois en commission, n’y est intervenu qu’une seule fois, n’a rédigé aucun rapport, n’a rédigé aucune proposition de loi, n’a posé aucune question orale ou écrite. Compte-t-il rembourser les indemnités qu’il reçoit pour un travail qu’il n’effectue pas ? A quoi est consacré l’argent qu’il touche pour payer des assistant-es parlementaires ? J’ai posé ces questions à l’équipe de Le Callennec, questions restées sans réponse. On peut se faire une idée des montants qui sont en jeu en lisant cet article.

Qu’est-ce qui est plus important sur le plan politique ? Un élu qui ne fait pas le travail pour lequel il est payé et coûte ainsi réellement à la société en dévoyant l’argent qui lui est donné ? Ou une campagne de prévention du VIH qui vise à éviter des contaminations, préserver la vie et le bien-être de personnes ?

Le Callennec est députée LR, membre de la commission des Affaires Sociales. Elle sait que l’impact financier d’une campagne de prévention ne se limite pas à son coût. Elle sait qu’une contamination au VIH évitée par une campagne efficace économise aussi des coûts à la Sécurité sociale. Son projet de poser sa question du coût est donc formulé de façon malhonnête. Mais si économiser l’intéresse réellement, qu’elle indique, si possible avant dimanche, quand François Fillon entendra rembourser l’argent qu’il n’a pas mérité en tant que député ?

Image de Une : visuel d’Act Up-Paris pour le mur des homophobes.