Caroline Fourest-3

Caroline Fourest soutient Manuel Valls. Celui qui a piétiné la loi de 1905 en annonçant, en vrai porte-parole ultramontaniste du pape, que la PMA ne serait pas ouverte aux lesbiennes. Celui qui a, avec Benoit Hamon, retiré les ABCD de l’égalité. Fourest cautionne donc un ennemi de la laïcité et un complice du sexisme et de l’homophobie.

Vous les avez trouvées, vous, les tribunes incendiaires de Caroline Fourest contre Manuel Valls quand un de ses premiers gestes de chef de gouvernement a été en mars 2014 d’annoncer depuis le Vatican que la promesse d’assurer aux couples de femmes l’égalité par rapport à la PMA ne serait pas tenue ? Vous les avez lues, ses diatribes enflammées contre une telle atteinte à la laïcité ? Une telle atteinte aux droits des femmes ? Fourest l’a-t-il écrit, ce pourtant nécessaire rappel à la laïcité pour avertir que le candidat Valls est un ennemi de la laïcité, une caution à la lesbophobie et au sexisme, 1 ? Non. Au contraire, elle le soutient.

Parce qu’annoncer la trahison d’une promesse électorale qui concerne la politique sociale nationale depuis un état étranger défini par la religion catholique, cracher à la gueule des lesbiennes après un cocktail au Vatican, cela vous pose une politique de la laïcité, non ?

Parce que soutenir un candidat qui promet pour 2017  un « débat sur la PMA » alors que le PS promettait pour 2012 l’ouverture de la PMA aux lesbiennes, cela en dit long sur les reniements d’une polémiste qui a conquis sa légitimité sur nos luttes et soutient un des hommes responsables d’une insupportable régression de nos revendications et de leur traduction dans les programmes politiques.

Vous les lisez, vous, les textes de Fourest qui s’indignent que Hamon comme Valls, avec Vallaud-Belkacem, aient retiré de l’école en juin 2014 les ABC de l’égalité, cet outil de prévention du sexisme et des LGBT-phobies fondé sur les recherches scientifiques sur le genre, pour satisfaire les pressions religieuses ? Ben non, vous ne les lisez pas puisqu’ils n’existent pas. Si Fourest dit que Hamon est anti-laïque, ce n’est pas parce qu’il s’est allié à Valls pour retirer les ABCD de l’égalité en 2014. C’est juste, dans le dernier texte qu’elle publie sur son blog, pour des raisons électoralistes. Il s’agit de rameuter les votant-es pro-Valls pour dire islam islam islam islam islam islam islam islam islam.

Pour Fourest, donc, le retrait par un gouvernement, sous pression religieuse, d’un outil de prévention des violences sexistes et LGBTI-phobes n’est pas une atteinte à la laïcité suffisamment sérieuse pour l’empêcher de soutenir Valls.

Enlever un manuel d’une école à cause des religions – du jamais vu depuis 1886, se faire le porte-parole du Vatican pour annoncer que les lesbiennes resteraient sous-citoyennes, c’est anodin, pas rédhibitoire, on n’en parle plus. L’essentiel, c’est quand même d’usurper la laïcité pour rendre acceptable des discours et des politiques racistes, islamophobes. Et si cela implique de renier les combats pour les droits des LGBTQI d’où Fourest tire sa légitimité : tant pis. Qui, dans nos luttes, peut encore lui accorder le moindre crédit ?

1Dans sa chronique au numéro 1028 de Marianne (du 9 au 15 décembre 2016), Fourest réussit le tour de force de chanter les louanges de Valls en matière de laïcité ; et de parler ensuite de PMA, sans jamais dire que Valls était le seul responsable du reniement du PS en la matière, et qu’il a annoncé ce reniement depuis le Vatican, transgressant ainsi tous les principes de laïcité.