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Actu | 14.04.2017 - 00 h 23 | 1 COMMENTAIRES
Nos vies, entre un stade et l’entrée du périphérique

A Londres, les personnes soutenant les homosexuels de Tchétchénie ont pu manifester devant l’ambassade de Russie. A Paris, l’État français a protégé l’ambassade de toute image embarrassante : le rassemblement était confiné à 500 mètres de l’ambassade, derrière un stade, à l’entrée du périphérique. Tout un symbole….

Je remercie les associations organisatrices de ce rassemblement, place de la Colombie. Il fallait qu’il ait lieu, qu’il soit organisé au plus vite. Rien de ce que je vais écrire ici ne doit être pris comme une charge contre elles, ni contre leur militant-es.

Il y avait quelques centaines de personnes, place de la Colombie, pas très loin de l’ambassade, mais pas tout près non plus, et surtout pas devant. La Préfecture de police (donc l’État) a confiné les manifestant-es dans un lieu indistinct. Il fallait se contenter de savoir que l’ambassade de Russie était à 5 minutes à pieds. Parce qu’en France, on n’autorise pas un rassemblement devant une ambassade.

Donc, les militant-es parlaient devant les grilles d’un stade. Ils y avaient accroché une banderole, ce qui n’empêchait pas de voir les balles de basket au-dessus du grillage. Chaque représentant- e associatif-ve a parlé pour dire des choses super intéressantes qu’à peine un tiers des personnes présentes a entendues : dès qu’on était au troisième rang, on n’entendait plus rien. La voix des intervenant-es n’était portée que par un mégaphone.

On s’est donc retrouvé dans un événement où la parole n’était même pas entendue à cinq mètres. Comment faire porter cette parole si on ne l’entend même pas à cinq mètres ?  Et on s’est retrouvé à un événement où on ne pouvait être filmé devant le lieu le plus important :  l’ambassade.

Pourquoi la Mairie de Paris n’a-t-elle pas proposé une scène, ou une sonorisation ? Pourquoi Anne Hidalgo n’était-elle pas là ? On est en train de dénoncer des camps d’enfermement et de torture de personnes LGBTQI, et vous, vous faites comme d’habitude, vous n’avez pas le temps ? « J’ai beaucoup d’amis homosexuels, mais là, j’avais la commission urbanisme et art de vivre, et je n’en sors que pour 4 morts ou plus ». Filer en urgence des moyens à des associations partenaires, c’est pas dans vos attributions ? Vous le faites à combien de morts, quand ils sont hétéros ?

Pourquoi l’État français, via la Préfecture, refuse-t-il un rassemblement devant l’ambassade ? Il y en avait, en tout cas, des policiers, pour bloquer le trottoir quand on est rentré du rassemblement à 500 mètres, pour nous faire traverser la rue, et pas qu’on reste sur le même trottoir. Pour protéger l’ambassade de Russie, l’État peut mettre le paquet. Contre nos droits, nos vies, nos fiertés.

Ce rassemblement s’est fait à l’appel des associations qui ont le meilleur rapport avec les institutions, ville de Paris et État. Et voilà ce que cela donne : des discours entendus par 50 personnes sur 300, à l’entrée du périph, devant un stade et un blocus policier devant l’ambassade. Pour la France, nos vies, nos combats ne valent rien.  On est en 2017.

Image de Une : capture d’écran de Openstreetmap

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Ancien militant d' Act Up-Paris, j'analyse dans trois blogs différents les discours de haine qui nous infériorisent, les enjeux de la lutte contre le sida et notamment des PrEP.
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