L’AFC (Association familiale catholique) de Clermont-Ferrand accuse les « trolls LGBT » d’avoir voulu légaliser la pédophilie. Une fois de plus, les familles catholiques instrumentalisent les victimes contre les homos et les trans.

« Aux trolls #LGBT : quand vous ramenez l’Église à la #pédophilie, n’oubliez pas qu’elle la dénonce, mais que vous vouliez la légaliser… » Tel est le message homophobe envoyé mercredi 28 juin au petit matin par l’Association familiale catholique.

 

Le/la responsable du compte enchaine ensuite des tweets visant à justifier ses propos :

 

Ce message est énigmatique. Que veut dire cette distinction ? Que veut dire « en être » ? Ce ne peut pas être homo, puisque le compte s’adresse à elles / eux. Ce ne peut donc être que « pédophiles ». Le « lobby LGBT » est donc pédophile pour cette structure.

Les familles catholiques de Clermont-Ferrand alignent ensuite des sources censées justifier ses insultes : un article de Wikipédia sur l’apologie de la pédophilie, des références à l’IGA. Elle se fait même complotiste, suggérant que la page Wikipédia française censure des informations importantes :

 

J’ai déjà analysé le double discours des Familles catholiques sur la pédophilie (voir article à ce lien). En menant une campagne mensongère où la question de la pédophilie jouait un rôle important, la Confédération des associations catholiques familiales avait obtenu auprès du Conseil d’état l’annulation d’un partenariat entre le Ministère de l’Éducation nationale et la Ligne Azur, ligne d’information sur les questions sexuelles dédiée aux jeunes (voir à ce lien).

Aujourd’hui, l’AFC de Clermont-Ferrand met la pédophilie au même niveau que la PMA et la GPA :

 

Comme toujours, les homophobes se cacheront derrière la liberté d’expression pour masquer le fait qu’en plus d’insulter les homosexuel-les, ils et elles galvaudent les actes de pédophilie en amalgamant des agressions sexuelles et des viols sur enfants à des techniques de procréations.

Le 22 mai dernier, Médiapart (voir article ici, accessible sous abonnement), en partenariat avec le collectif lyonnais de reporters We Report, évaluait à 27 le nombre de prêtres ayant couvert en France des actes de pédophilie – parmi lesquels le cardinal de Lyon Barbarin, récidiviste des propos haineux envers les personnes LGBTI+. Les AFC n’ont pas commenté ce chiffre, n’ont pas soutenu les victimes. Mais quand il s’agit d’exploiter leur détresse pour diffamer les militant-es, les familles catholiques sont inspirées.

Cette structure est soutenue par l’État via le défiscalisation des dons (66%). Le budget de l’État, dont on nous dit qu’il est trop dépensier, sert la communication d’une structure homophobe, qui couvre les faits de pédophilie au sein de l’Église, expose les enfants à des actes de violence sexuelle en ne faisant rien face aux preuves qui s’accumulent, instrumentalise les victimes contre les droits des personnes LGBT, et, de ce fait, piétine leur dignité.