Petits conseils à Bruno Julliard et Hélène Bidard pour avoir l’air plus sincère dans leurs interviews.

Face aux pressions réactivées notamment par Didier Lestrade à l’occasion du succès de 120 battements par minutes, face au sérieux du projet d’archives LGBT défendu par un collectif réuni autour d’Act Up-Paris, deux éluEs n’ont pas eu d’autres choix que d’allumer des couvre-feux dans la presse, en donnant des interviews, pour expliquer que youkaïdi, youkaïda, la Mairie était à fond pour.

Bruno Julliard (voir son interview à Libération) et Hélène Bidard (voir cet artlcle sur Hornet) ont donc dû s’y coller. Mais le service communication de la Ville de Paris les a de toute évidence mal briefé-es sur les « éléments de langage » à tenir, si bien qu’entre effets d’annonce, contradictions et maladresses, les deux élu-es ont du mal à convaincre que le projet est vraiment une priorité de la Mairie, et que l’avis des militantEs pour sa mise en place compte vraiment.

C’est donc à titre bénévole que je leur envoie ces conseils en communication. Cela commencerait par « Cher Bruno, chère Hélène ».

Mieux gérer la comm’ sur les délais

Pourquoi avoir eu besoin de fixer une date si lointaine ? Surtout si c’est pour vous contredire. Bruno Julliard parle « d’un lieu à disposition en 2020. ». L’article consacré à Hélène Bidard évoque 2021. Bien sûr, pour vos services de comm’, 31.536.000 secondes de différence dans nos vies, ce n’est pas grand chose. Mais je vous assure, une telle différence, en moins de 24 heures, cela vous décrédibilise. Essayez d’accorder vos violons.

Et posez-vous la question. Quelle crédibilité sur votre engagement pensez-vous défendre avec de tels délais, alors que vous avez face à vous des personnes qui ont déjà créé, avec leurs moyens, bénévolement, des fonds d’archives ? Vous espérez qu’on croit que ouh là là, c’est dur et il faut être rigoureux-se. On va donc vous lire, Hélène Bidard qui justifiez un délai d’au mieux deux ans :  « faire pas à pas, poser les fondations nécessaires pour que le projet puisse aboutir. »

Bien sûr, cela parait sérieux, rigoureux, et cela aurait pu passer – même si nous avons entendu cela des centaines de fois. Mais le problème, c’est que dans la même interview, Hélène Bidard, vous avouez votre incompétence à faire des choses beaucoup plus simples en trois ans : « On réfléchit depuis trois ans à ce que l’espace parisien soit marqué du nom et de la mémoire de Cleews Vellay. On a recherché différentes pistes ça n’aboutit pas. »

OK, on va vous croire quand vous dites que le deuxième président d’Act Up-Paris est votre priorité depuis trois ans, et non pas depuis la sortie de 120 Battements par Minutes. Mais avec ces deux phrases, vous indiquez qu’en trois ans, vous, à la Mairie, n’êtes pas fichu-es de 1/ vous assurer que c’est ce qu’aurait voulu Cleews Vellay 2/ Trouver le moindre endroit public, même la dernière sanisette, pour lui donner son nom. Comment vous prendre au sérieux pour un centre d’archives quand vous n’êtes mêmes pas capables, en trois ans, dites-vous, d’assurer la mémoire d’une seule personne (en vous assurant qu’elle y aurait consenti).

MES CONSEILS :

– communiquer sur des délais plus courts, par exemple : « En septembre 2018, nous aurons un lieu opérationnel ». Vous allez gagner en crédibilité aujourd’hui, et vous aurez de toute façon toute latitude pour repousser de six mois en six mois le projet.

– organiser un concours dans les collèges « Le meilleur prétexte pour ne pas rendre ses devoirs » et vous aurez plein d’idées nouvelles pour justifier un report dans un délai très court : « mon hamster a mangé le budget prévisionnel », « j’ai mis ma clé USB avec tout le planning dans le lave-linge », « désolé, après mes vacances aux States, j’ai cru que notre rendez-vous du 12/01 était le premier décembre. » Vous ne serez ni plus, ni moins, convaincantEs que vos prédécesseur-ses. Mais au moins, cela sera rafraichissant.

Varier le patatage-chaudasse

En sciences de la communication, le patatage-chaudasse désigne l’optimisation médiatique du transfert de responsabilité : à qui revient la faute ? Cela fait des années que la Mairie de Paris, interrogée par des Parisien-nes, ne cesse de renvoyer à l’État la responsabilité des reports et échec des projets d’archives. C’est encore ce discours que tient Hélène Bidard, et qui justifierait qu’il faille attendre non 200000020, mais 2000000021 pour avoir un centre d’archives LGBTI+ (mais qui sera vraiment super en 30000000000000022).

MON CONSEIL :

– trouver d’autres cibles que l’État français, patatage-chaudassé trop éculé. Par exemple : « L’accord Paris-Pyongyang nous oblige à repousser de trois mois cette consultation » ; « La Cour européenne des droits de l’homme n’a pas tenu une jurisprudence constante sur cette question et nous ne saurions ralentir ce projet en allant trop vite alors que… », etc.

Mimer plus intensivement la volonté de consulter

Sur le sujet délicat de la consultation, tâchez de mentir de façon un peu plus subtile.

Bruno Julliard dit à Libération : « Nous poursuivons les consultations sur les contours de ce lieu. » Malheureux ! « Nous poursuivons » ? Et si la journaliste vous avait demandé ce que vous poursuivez, que lui auriez-vous répondu ? Vous pouvez mentir sur l’avenir, mais mentir à ce point sur le passé, sans filet : non, non, non.

Regardez déjà comment vous parlez de la réactivation du débat actuel et à quel point vous ignorez toutes celles et ceux qui portent le projet : «  L’accueil des archives, le recueil aussi de la parole des LGBTQI d’hier et d’aujourd’hui est, de l’avis général, une urgence ; le film 120 battements par minute l’a rappelée. », nous dit Hélène Bidard « Le contexte du film a permis une prise de conscience et a légitimé la prise de décision. » nous dit Bruno Julliard.

En résumé : les archives, tout le monde trouve cela chouette et nécessaire, et heureusement qu’un film primé à Cannes nous le rappelle, parce qu’on aurait tendance à l’oublier. Comment pensez-vous être crédible alors que « de l’avis général » on sait que Didier Lestrade a publiquement interpellé Anne Hidalgo à la faveur du succès de 120 battements par minute, et on sait qu’un collectif initié entre autre par Act Up-Paris avance dans un projet concret d’archives qui pourrait voir le jour sans fonds public. Ce collectif s’est réuni samedi dernier pour une journée de travail concrète et intense.

Comment pensez-vous être prisEs au sérieux quand vous évoquez des consultations alors même que vous niez le rôle effectif des personnes dans la médiatisation de la question ?

Quant aux consultations à venir, en dehors du délai trop long que vous annoncez (voir mes premiers conseils), vos entretiens prouvent qu’elles ne serviront à rien, et que vous aurez tout décidé à l’avance. Bruno Julliard, vous dites à Libération qu’il n’est pas question que le lieu soit un musée. Pas question. Donc, si les personnes qui travaillent sur ces questions sans vous, contre vous, ont envie que ce lieu soit aussi un musée, ou si elles ne se reconnaissent pas dans des oppositons qui, « de l’avis général » sont dépassés, entre musée, archives et commémoration, il n’en sera pas question ?

Comment ensuite croire que les consultations serviront à quelque chose, si un élu qui ne s’est jamais investi sur ces questions, qui se retrouve propulsé dans les médias, sait, avant les associations qu’il affirme vouloir consulter, ce que doit ou ne doit pas être ce lieu ?

Hélène Bidard, vous n’avez pas attendu de consulter les associations pour proposer un nom à un centre dont elle ne sait par ailleurs rien : « J’aimerais que le Centre d’archives prenne le nom de Cleews Vellay. Cela montrerait bien l’enjeu mouvement social national avec tout ce que ça veut dire et ce que ça a bouleversé. » A défaut d’avoir su, depuis trois ans, imposer une rue, une place, une sanisette au nom de Cleew Vellay (et après avoir vérifié que c’est ce qu’il aurait voulu), vous proposez donc ce nom à un lieu pour lequel vous n’avez rien de concret à offrir.

MES CONSEILS

– Changer de film de référence : là, 120 BPM, on sature, on n’y croit plus. Prendre des films plus anciens vous permettra de vous positionner comme des pionniErEs : « Depuis les Nuits Fauves / Les Témoins / L’inconnu du Lac, nous savons tous et toutes à quel point un centre d’archives LGBT est important. »

– Retweeter les messages de Didier Lestrade concernant les archives LGBTI+, avec un message introductif « « Depuis que j’ai revu les Nuits Fauves / Les Témoins / L’inconnu du Lac, je me rends compte à quel point ce que dit Didier Lestrade est important. »

– Dites qu’il sera question de tout dans les réunions de consultations. Cela ne mange pas de pain, et quand ces chieurSEs de militantEs pourriront une heure trente de votre temps avec leur expertise, vous aurez toujours la possibilité d’aller jouer au Demineur sur votre smartphone en prétextant un appel urgent, et en laissant vos collaborateurRICEs prendre des notes.

Redevenons sérieux.

.

Pédé, je dois à nouveau vivre une nouvelle offensive de la Manif pour tous (qui vise cette fois-ci avant tout les lesbiennes), relayée par l’ensemble des médias, de Charlie Hebdo à Valeurs Actuelles, les personnalités médiatiques et pseudo-experts, de Jacques Testart à Ivan Roufiol, en passant par Michel Onfray ou Gérard Biard ou les politiques, de José Bové à Gérard Collomb en passant par des membres du FN.

Dans ce cadre hostile, voir qu’à l’incompétence, l’indifférence, le cynisme d’élus qui se foutaient des pédés et des trans crevant en masse du sida, succèdent l’incompétence, l’indifférence, le cynisme (car oui, il vous en faut, du cynisme, pour dire ce que vous avez dit à Libé ou Hornet) d’éluEs qui se foutent de cette mémoire et n’en font qu’un petit jeu de communication politicienne, cela me fout les larmes aux yeux. Encore plus qu’en 2013, dans les pires moments de la Manif pour tous.

Dans ce cadre extrêmement hostile, si vous, Bruno Julliard et Hélène Bidard, pouviez avoir moins l’air de prendre les pédés, les trans, les bi, les gouines pour des grosses thounes naïves prêtes à gober vos paroles, ce serait vraiment bien. Vous voyez bien que je ne vous en demande pas trop.

Soit vous vous engagez réellement et arrêtez de faire semblant. Votre seule ligne de communication est donc : « Nous recevrons les personne qui portent le projet dans les plus brefs délais, à la date et l’heure qui leur conviendra, et ne communiquerons rien d’autre sans avoir demandé leur avis ». C’est économique pour votre service de comm’.

Soit vous continuez dans la logique de ce que nous subissons depuis vingt ans. Mais dans ce cas, renforcez votre service de comm’ pour qu’il vous apprennent à mieux faire semblant .

Comment optimiser la comm’ parisienne sur le centre d’archives LGBTI+

 

Petits conseils à Bruno Julliard et Hélène Bidard pour avoir l’air plus sincère dans leurs interviews.

 

Face aux pressions réactivées notamment par Didier Lestrade à l’occasion du succès de 120 battements par minutes, face au sérieux du projet d’archives LGBT défendu par un collectif réuni autour d’Act Up-Paris, deux éluEs n’ont pas eu d’autres choix que d’allumer des couvre-feux dans la presse, en donnant des interviews, pour expliquer que youkaïdi, youkaïda, la Mairie était à fond pour.

Bruno Julliard (voir son interview à Libération) et Hélène Bidard (voir cet artlcle sur Hornet) ont donc dû s’y coller. Mais le service communication de la Ville de Paris les a de toute évidence mal briefé-es sur les « éléments de langage » à tenir, si bien qu’entre effets d’annonce, contradictions et maladresses, les deux élu-es ont du mal à convaincre que le projet est vraiment une priorité de la Mairie, et que l’avis des militantEs pour sa mise en place compte vraiment.

C’est donc à titre bénévole que je leur envoie ces conseils en communication. Cela commencerait par « Cher Bruno, chère Hélène ».

 

Mieux gérer la comm’ sur les délais

Pourquoi avoir eu besoin de fixer une date si lointaine ? Surtout si c’est pour vous contredire. Bruno Julliard parle « d’un lieu à disposition en 2020. ». L’article consacré à Hélène Bidard évoque 2021. Bien sûr, pour vos services de comm’, 31.536.000 secondes de différence dans nos vies, ce n’est pas grand chose. Mais je vous assure, une telle différence, en moins de 24 heures, cela vous décrédibilise. Essayez d’accorder vos violons.

Et posez-vous la question. Quelle crédibilité sur votre engagement pensez-vous créer avec de tels délais, alors que vous avez face à vous des personnes qui ont déjà créé, avec leurs moyens, bénévolement, des fonds d’archives ? Vous espérez qu’on croit que ouh là là, c’est dur et il faut être rigoureux-se. On va donc vous lire, Hélène Bidard qui justifiez un délai d’au mieux deux ans :  « faire pas à pas, poser les fondations nécessaires pour que le projet puisse aboutir. »

Bien sûr, cela parait sérieux, rigoureux, et cela aurait pu passer – même si nous avons entendu cela des centaines de fois. Mais le problème, c’est que dans la même interview, Hélène Bidard, vous avouez votre incompétence à faire des choses beaucoup plus simples en trois ans : « On réfléchit depuis trois ans à ce que l’espace parisien soit marqué du nom et de la mémoire de Cleews Vellay. On a recherché différentes pistes ça n’aboutit pas. »

OK, on va vous croire quand vous dites que le deuxième président d’Act Up-Paris est votre priorité depuis trois ans, et non pas depuis la sortie de 120 Battements par Minutes. Mais avec ces deux phrases, vous indiquez qu’en trois ans, vous, à la Mairie, n’êtes pas fichu-es de 1/ vous assurer que c’est ce qu’aurait voulu Cleews Vellay 2/ Trouver le moindre endroit public, même la dernière sanisette, pour lui donner son nom. Comment vous prendre au sérieux pour un centre d’archives quand vous n’êtes mêmes pas capables, en trois ans, dites-vous, d’assurer la mémoire d’une seule personne (en vous assurant qu’elle y aurait consenti).

 

MES CONSEILS :

– communiquer sur des délais plus courts, par exemple : « En septembre 2018, nous aurons un lieu opérationnel ». Vous allez gagner en crédibilité aujourd’hui, et vous aurez de toute façon toute latitude pour repousser de six mois en six mois le projet.
– organiser un concours dans les collèges « Le meilleur prétexte pour ne pas rendre ses devoirs » et vous aurez plein d’idées nouvelles pour justifier un report dans un délai très court : « mon hamster a mangé le budget prévisionnel », « j’ai mis ma clé USB avec tout le planning dans le lave-linge », « désolé, après mes vacances aux States, j’ai cru que notre rendez-vous du 12/01 était le premier décembre. » Vous ne serez ni plus, ni moins, convaincantEs que vos prédécesseur-ses. Mais au moins, cela sera rafraichissant.

Varier le patatage-chaudasse

En sciences de la communication, le patatage-chaudasse désigne l’optimisation médiatique du transfert de responsabilité : à qui revient la faute ? Cela fait des années que la Mairie de Paris, interrogée par des Parisien-nes, ne cesse de renvoyer à l’État la responsabilité des reports et échec des projets d’archives. C’est encore ce discours que tient Hélène Bidard, et qui justifierait qu’il faille attendre non 200000020, mais 2000000021 pour avoir un centre d’archives LGBTI+ (mais qui sera vraiment super en 30000000000000022).

 

MON CONSEIL :

– trouver d’autres cibles que l’État français, patatage-chaudassé trop éculé. Par exemple : « L’accord Paris-Pyongyang nous oblige à repousser de trois mois cette consultation » ; « La Cour européenne des droits de l’homme n’a pas tenu une jurisprudence constante sur cette question et nous ne saurions ralentir ce projet en allant trop vite alors que… », etc.

Mimer plus intensivement la volonté de consulter

Sur le sujet délicat de la consultation, tâchez de mentir de façon un peu plus subtile.

Bruno Julliard dit à Libération : « Nous poursuivons les consultations sur les contours de ce lieu. » Malheureux ! « Nous poursuivons » ? Et si la journaliste vous avait demandé ce que vous poursuivez, que lui auriez-vous répondu ? Vous pouvez mentir sur l’avenir, mais mentir à ce point sur le passé, sans filet : non, non, non.

Regardez déjà comment vous parlez de la réactivation du débat actuel et à quel point vous ignorez toutes celles et ceux qui portent le projet : «  L’accueil des archives, le recueil aussi de la parole des LGBTQI d’hier et d’aujourd’hui est, de l’avis général, une urgence ; le film 120 battements par minute l’a rappelée. », nous dit Hélène Bidard « Le contexte du film a permis une prise de conscience et a légitimé la prise de décision. » nous dit Bruno Julliard.

En résumé : les archives, tout le monde trouve cela chouette et nécessaire, et heureusement qu’un film primé à Cannes nous le rappelle, parce qu’on aurait tendance à l’oublier. Comment pensez-vous être crédible alors que « de l’avis général » on sait que Didier Lestrade a publiquement interpellé Anne Hidalgo à la faveur du succès de 120 battements par minute, et on sait qu’un collectif initié entre autre par Act Up-Paris avance dans un projet concret d’archives qui pourrait voir le jour sans fonds public. Ce collectif s’est réuni samedi dernier pour une journée de travail concrète et intense.

Comment pensez-vous être prisEs au sérieux quand vous évoquez des consultations alors même que vous niez le rôle effectif des personnes dans la médiatisation de la question ?

Quant aux consultations à venir, en dehors du délai trop long que vous annoncez (voir mes premiers conseils), vos entretiens prouvent qu’elles ne serviront à rien, et que vous aurez tout décidé à l’avance. Bruno Julliard, vous dites à Libération qu’il n’est pas question que le lieu soit un musée. Pas question. Comment ensuite croire que les consultations serviront à quelque chose, si un élu qui ne s’est jamais investi sur ces questions, qui se retrouve propulsé dans les médias, sait, avant les associations qu’il affirme vouloir consulter, ce que doit ou ne doit pas être ce lieu ?

Hélène Bidard, vous n’avez pas attendu de consulter les associations pour proposer un nom à un centre dont elle ne sait par ailleurs rien : « J’aimerais que le Centre d’archives prenne le nom de Cleews Vellay. Cela montrerait bien l’enjeu mouvement social national avec tout ce que ça veut dire et ce que ça a bouleversé. » A défaut d’avoir su, depuis trois ans, imposer une rue, une place, une sanisette au nom de Cleew Vellay (et après avoir vérifié que c’est ce qu’il aurait voulu), vous proposez donc ce nom à un lieu pour lequel vous n’avez rien de concret à offrir.

MES CONSEILS

 

– Changer de film de référence : là, 120 BPM, on sature, on n’y croit plus. Prendre des films plus anciens vous permettra de vous positionner comme des pionniErEs : « Depuis les Nuits Fauves / Les Témoins / L’inconnu du Lac, nous savons tous et toutes à quel point un centre d’archives LGBT est important. »

– Retweeter les messages de Didier Lestrade concernant les archives LGBTI+, avec un message introductif « « Depuis que j’ai revu les Nuits Fauves / Les Témoins / L’inconnu du Lac, je me rends compte à quel point ce que dit Didier Lestrade est important. »

Redevenons sérieux.
.
Pédé, je dois à nouveau vivre une nouvelle offensive de la Manif pour tous (qui vise cette fois-ci avant tout les lesbiennes), relayée par l’ensemble des médias, de Charlie Hebdo à Valeurs Actuelles, les personnalités médiatiques et pseudo-experts, de Jacques Testart à Ivan Roufiol, en passant par Michel Onfray ou Gérard Biard ou les politiques, de José Bové à Gérard Collomb en passant par des membres du FN.

Dans ce cadre hostile, voir qu’à l’incompétence, l’indifférence, le cynisme d’élus qui se foutaient des pédés et des trans crevant en masse du sida, succèdent l’incompétence, l’indifférence, le cynisme (car oui, il vous en faut, du cynisme, pour dire ce que vous avez dit à Libé ou Hornet) d’éluEs qui se foutent de cette mémoire et n’en font qu’un petit jeu de communication politicienne, cela me fout les larmes aux yeux. Encore plus qu’en 2013, dans les pires moments de la Manif pour tous.

Dans ce cadre extrêmement hostile, si vous, Bruno Julliard et Hélène Bidard, pouviez avoir moins l’air de prendre les pédés, les trans, les bi, les gouines pour des grosses thounes naïves prêtes à gober vos paroles, ce serait vraiment bien. Vous voyez bien que je ne vous en demande pas trop.

Soit vous vous engagez réellement et arrêtez de faire semblant. Votre seule ligne de communication est donc : « Nous recevrons les personne qui portent le projet dans les plus brefs délais, à la date et l’heure qui leur conviendra, et ne communiquerons rien d’autre sans avoir demandé leur avis ». C’est économique pour votre service de comm’.

Soit vous continuez dans la logique de ce que nous subissons depuis vingt ans. Mais dans ce cas, renforcez votre service de comm’ pour qu’il vous apprennent à mieux faire semblant .